FOOTBALL : Jodinel Nzeza, nouveaux horizons pour nouvelles ambitions

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Après plusieurs saisons passées à l’Amiens AC, Jodinel Nzeza, 23 ans, se lance un nouveau défi en rejoignant Montargis en N3. Entretien avec un jeune joueur qui évoque sans détour ses années amiénoises, son avenir, et qui nous parle aussi de l’importance de « franchir un cap » en quittant Amiens. 

Pour commencer, peux-tu nous parler de ton parcours footballistique ? 

J’ai commencé le football à 6 ans à l’Amiens SC. Je suis resté jusqu’à mes 17 ans et je suis alors tombé malade, j’ai eu la tuberculose, donc j’ai été obligé d’arrêter durant une saison entière. Je n’ai donc pas été gardé car je n’ai pas pu jouer de l’année. Par la suite je suis directement parti à Amiens Nord en 19 nationaux.

À l’Amiens AC tu as donc connu les 19 nationaux, puis rapidement le groupe senior ?

Oui, j’ai connu la N2 et la N3 avec l’équipe première. C’était un peu compliqué quand on était en N2 car il y avait des anciens, d’autres qui avaient été pros, moi j’étais un petit jeune, je grattais ce qu’il y avait à gratter. Là ça faisait deux saisons où j’alternais entre le banc et les titularisations. 

Mais aujourd’hui tu as le désir de t’imposer comme un titulaire régulier ?

Oui il faut que je passe un cap. Il faut que je joue sinon je n’arriverai jamais aux objectifs que je me suis fixé.

Cet été tu as donc décidé de rejoindre l’USM Montargis (Loiret), en National 3 ?

Oui, j’étais décidé à partir dans ma tête. C’était un choix, et j’ai eu l’opportunité de signer à Montargis. Le club m’a contacté, nous avons discuté, j’ai envoyé une vidéo, le coach a apprécié et le club a voulu me faire signer rapidement, ce que j’ai accepté de faire. 

C’est donc un nouveau défi pour toi ?

Oui, là-bas je ne connais personne, je ne connais rien, je pars tout seul. C’est la première fois que je quitte ma mère, ça me fait tout drôle.

« Si tu restes toujours là, tu ne sauras jamais ce que ta vie aurait pu être »

Mais selon toi, il fallait changer d’air pour franchir un cap ?

Tout à fait, j’en ai parlé avec mon entourage et plusieurs personnes m’ont dit : « Si tu restes toujours là, tu vas rester au même point, tu vas jouer, c’est bien, mais si tu restes toujours là, tu ne sauras jamais ce que ta vie aurait pu être ». Donc je me dis : « Essaye d’aller voir ailleurs, on ne sait jamais ». 

Que représentait l’Amiens AC pour toi ?

C’est un club qui m’a beaucoup apporté, qui m’a fait grandir en tant qu’homme et sur plein de points. C’est mon club de cœur, c’est vraiment le club du quartier, là où j’ai grandi, j’ai joué avec des gens extraordinaires, le groupe était génial.

Des personnes t’ont particulièrement marqué durant tes années à l’ACA ?

Je veux vraiment remercier le coach (ndlr : Azouz Hamdane), il m’a fait confiance, il m’a pris dans le groupe, il m’a fait grandir, c’est vraiment une bonne personne, un super coach. J’aimerais remercier Benoît Sturbois, le coach de la réserve, car très peu de gens parlent de lui mais c’est un peu l’homme de l’ombre. Il doit prendre des joueurs qui sont parfois frustrés, leur redonner de la confiance. Il motive, il parle, pour moi ça n’était pas qu’un coach, c’était comme un grand frère, il m’a toujours encouragé, toujours motivé, il ne m’a jamais laissé tomber. Grâce à lui j’ai pu réintégrer le groupe de la A, donc je tenais vraiment à le remercier !

Tu as connu la N2 et la N3 mais tu estimes aujourd’hui qu’il faut d’abord t’imposer en N3 avant de prétendre à mieux?

Oui tout à fait. Il faut que je me fasse ma place en N3 avant de prétendre à évoluer en N2 en tant que joueur titulaire.

Justement, quelles sont tes ambitions dans le monde du football ?

Moi dans la vie mon objectif c’est de signer professionnel, c’est l’objectif de ma vie, c’est pour ça que je vis, donc je vais tout faire pour y parvenir. J’ai toujours tout misé sur le foot, même quand j’étais ici, j’ai toujours fait de mon mieux pour le football. Là-bas, à Montargis, je vais pouvoir être totalement focus sur le football. 

Et selon toi, que faut-il pour réussir dans le football?

Beaucoup de travail et un petit facteur chance.

« Ce qui fait la différence c’est le travail »

Et le talent ?

Beaucoup de travail surtout, j’ai connu des joueurs avec du talent et ils n’ont rien fait. J’ai connu des joueurs qui ont beaucoup travaillé et qui sont arrivés à quelque chose. Le talent, c’est vrai, tu es obligé d’en avoir un minimum sinon tu ne peux rien faire, mais ce qui fait la différence c’est le travail.

As-tu senti que les possibilités étaient restreintes sur Amiens ?

C’est ça le problème, niveau visibilité c’est très limité sur Amiens, tout le monde nous connait, on est tous passé par les mêmes clubs… On est tous là, il y a certains bons joueurs mais on est toujours là, du coup on ne voit pas ce qu’il se passe ailleurs, peut être qu’on loupe des opportunités, on ne sait jamais dans la vie.

Aujourd’hui, à 23 ans, qu’est ce que tu dirais que le football t’a apporté dans la vie ?

Le foot, ce qu’il a apporté dans ma vie ? Tout tout tout ! L’homme que je suis c’est grâce au foot, j’ai appris le partage, le courage, le travail. Depuis mes 6 ans je joue et il m’a tout appris.

Pour terminer une « question large » : c’est quoi le foot pour toi ?

Le foot c’est un sport collectif et à la fois individuel. Du coup c’est un sport d’équipe mais il faut quand même que tu sortes ton épingle du jeu, c’est un sport collectif mais on doit te voir. Mais c’est surtout le meilleur sport du monde !

Propos recueillis par Quentin Ducrocq

Crédits photos Coralie Sombret / Kevin Devigne Gazettesports.fr

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