Jusqu’au 31 décembre de l’année dernière, David Ducci était attaché à l’Amiens SC en tant que directeur général du club.
Ancien gardien, ancien directeur administratif à l’époque de Denis Troch (il a connu ainsi la finale de la Coupe de France qu’a disputée l’ASC contre Strasbourg en mai 2001), David Ducci est parti à la fin de l’année. Direction.. la Guinée Equatoriale où se déroulait la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Il faisait partie de la délégation de la Côte d’Ivoire qui, à l’arrivée, va l’emporter.
Retour sur ce qui reste une exceptionnelle aventure pour David Ducci :
David vous faisiez partie de la délégation de la Côte d’Ivoire à l’occasion de la phase finale de la CAN. Comment avez-vous noué les premiers contacts avec la Côte d’Ivoire ? Quel rôle aviez-vous exactement ?
Cela a été facilité par les liens que j’entretiens avec Hervé Renard depuis de nombreuses années et cela s’est fait par son intermédiaire. Il lui manquait une compétence dans son staff technique sur l’analyse vidéo qu’il voulait pouvoir confier à une personne de confiance et qui ait une sensibilité football. II savait que je travaillais depuis longtemps avec Arnaud Chevalier et que mon tandem pourrait lui être utile pour cette CAN.

Franchement, pensiez vous que la Côte d’Ivoire irait jusqu’au bout ?
Nous savions qu’il y avait énormément de talent dans cette équipe et que c’était une génération qui n’avait rien gagné et dont c’était peut être la dernière occasion de le faire. Alors on se disait, dans un des groupes les plus difficiles avec le groupe C de l’Algérie, Sénégal Afrique du Sud et Ghana, que l’on pouvait très bien ne pas sortir des poules comme aller au bout. Ceci étant, on savait ce qu’on était venu chercher, et Hervé Renard a su l’insuffler à ce groupe.

On imagine facilement la liesse qui a envahi la Côte d’Ivoire ? Vous êtes allé je crois à Abidjan où vous avez été décoré par l’Etat ivoirien. Quel beau souvenir vous devez garder?
C’est indescriptible !! C’est la communion avec tout un peuple, on mesure l’attente qu’avait généré 23 ans sans titre et ce que représente le football en Afrique. Il y avait plus d’un million et demi de personnes pour nous accueillir et nous célébrer à Abidjan, vous vous rendez compte ? Moi je n’en reviens toujours pas. J’ai vécu une émotion exceptionnelle grâce à Hervé Renard, son staff les joueurs et le peuple ivoirien. Seul le sport et le football permet d’exacerber les émotions à ce point.

Pour vous, Hervé Renard est un sorcier blanc ? Il s’inscrit dans la lignées des Claude Le Roy ou Bruno Metsu ?
Non, ce n’est pas un sorcier, ce qu’il fait n’a rien de magique. C’est un homme méthodique, exigeant, talentueux, humain et fin tacticien. Il a tous les ingrédients d’un grand entraineur qu’il est déjà. J’aimerai le voir prouver en Europe avec un grand club son talent de manager d’équipe. Il a réussi ce que personne avant lui n’a réussi : gagner 2 CAN avec 2 pays différents qui plus est en 3 ans.

Si vous étiez resté à l’Amiens SC, auriez-vous quand même été à la CAN ?
Disons que cela aurait été plus compliqué et surtout que c’est plutôt le fait d’être libre qui a rendu possible la proposition d’Hervé Renard de les accompagner pendant 5 semaines dans cette formidable aventure.

Lors de cette phase finale, avez-vous vu jouer Marvin Baudry avec le Congo ?
Oui, bien sûr. J’ai suivi avec beaucoup d’attention son parcours, et j’espérais qu’on se croise dans la compétition. Il s’en est fallu de peu. Il a fait une belle compétition et a acquis auprès d’un entraineur expérimenté beaucoup d’assurance et d’expérience pour son avenir. Le parcours qu’ils ont réussi est remarquable.

Enfin, est ce que la CAN s’est déroulée dans les meilleures conditions ? Est-ce que la Guinée Equatoriale, pays organisateur n’a pas cherché à influencer l’arbitrage comme c’est arrivé devant la Tunisie ?
Je ne peux parler pour toutes les équipes, mais en ce qui nous concerne cela s’est plutôt bien passé au niveau de l’organisation. Je crois que pour avoir accepté au pied levé l’organisation d’une telle compétition en moins de 2 mois c’est remarquable. Tout n’a pas été parfait certes mais c’était difficile d’y parvenir en si peu de temps. Pour ce qui est de l’arbitrage, je vous laisse juge mais disons que le niveau global de l’arbitrage n’est pas forcément au niveau du talent des joueurs que l’on peut avoir lors d’une CAN et ce n’est pas nouveau. Mais il y a aussi eu des matches qui se sont bien déroulés.

Maintenant, quel sera votre avenir avec la Côte d’Ivoire ?
Je ne sais pas encore pour mon avenir mais une chose est sûre c’est que j’ai une histoire commune avec la Côte d’Ivoire et que je n’oublierai jamais.
Propos recueillis par Lionel HERBET
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Photos : Courrier Picard Internet




  • Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.

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