Auteur d’une saison exceptionnelle – en obtenant son maintien avant même la fin du championnat – l’Amiens SC a déjoué tous les pronostics du début de saison. Pourtant, les acteurs du football français ne semblent pas avoir véritablement pris la mesure de l’authentique exploit réalise par Christophe Pelissier, son staff et ses joueurs.

Un monde du football ingrat ?

Alors que l’on prédisait une épouvantable fin de saison aux Amiénois, ces derniers abordent cette dernière ligne du championnat sans la moindre pression. Avec quarante-et-un points au compteur et surtout neuf longueurs d’avance sur la zone rouge, le promu est d’ores et déjà à l’abri alors qu’il lui reste encore trois matches à disputer – dont deux contre le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille. « Je ne pense pas que les gens se rendent compte de notre performance, regrette Issa Cissokho. Au début de saison, on était condamné à descendre. Au fur et à mesure des rencontres, on a montré ce dont on était capable de faire en Ligue 1 et des joueurs se sont mis à l’exigence du haut niveau. C’est une grande performance de la part du club d’avoir quarante-et-un points à quatre journées de la fin. »

Pourtant, ce bilan devrait légitimement forcer le respect : « A l’extérieur, on a beaucoup de retours avec des gens qui nous félicitent. On l’a vu cette semaine avec le nombre de personnes qui sont venues à l’entraînement », se réjouit Christophe Pelissier. Toutefois, l’entraîneur amiénois a exprimé une nouvelle fois son amertume à propos de la révélation des nommés pour les trophées UNFP. « Après, je le répète, je suis déçu pour Régis (Gurtner) qu’il n’y ait pas eu un retour du monde professionnel avec une nomination pour le trophée du meilleur gardien de Ligue 1. Cela me semble être une terrible injustice, assène-t-il. Quand on voit la saison de Régis ou encore celle de Prince (Gouano), je suis surpris qu’ils ne soient pas nommés. » Comme si la saison réalisée par Amiens était tout simplement passée sous silence.

Une déception d’autant plus grande que Christophe Pelissier accorde davantage d’importance au regard porté par le serial footballistique sur son travail et celui de ses joueurs qu’aux différents commentaires médiatiques : « C’est d’autant plus gênant. Maintenant, ce sont des votes, on ne peut rien y faire. » Une frustration à laquelle s’ajoute le carton rouge reçu par Prince Gouano, samedi dernier à Monaco. « Prince va à la commission (ndlr : ce jeudi soir), il va pouvoir donner son point de vue, confie son entraîneur. Il y a de la déception de sa part mais aussi de la colère parce qu’il subit la faute. Je trouve que l’on aurait pu arbitrer cette action d’une autre manière. » Au point d’espérer l’annulation de ce carton rouge en commission de discipline ? « Non, j’ai zéro espoir. Les rouges ne sont annulés que pour les grosses équipes », conclut Pelissier.

Et pour cause, si Amiens a été une grande équipe sur le terrain cette saison, en décrochant son maintien avec la manière et une certaine forme de panache, le nouveau venu doit encore se faire une place dans le paysage footballistique français. Tel sera, outre l’enjeu sportif, le défi à relever la saison prochaine.

Romain PECHON

Crédits photo : PanoramiC

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