Invité du Débrief, l’émission de décryptage de l’actualité sportive de GazetteSports, lundi dernier, Ali Nouaour, l’entraîneur de l’Amiens MVB a évoqué les difficultés structurelles de son club malgré une saison sportive plus que réussie. Morceaux choisis.

La Coupe de France terminée et le championnat ne pouvant déboucher sur une montée, vous pouvez déjà vous projeter sur la saison prochaine…

On cherchera toujours à aller plus loin. L’objectif c’est de faire progresser l’Amiens Métropole Volley-Ball. Il faut également préparer la saison prochaine. On peut profiter, sur ces matches-là, de donner du temps de jeu à des joueurs qui n’en ont pas eu beaucoup cette année. Ils ont travaillé dans l’ombre. Je tiens déjà à les féliciter par rapport à ça, parce que ça n’est pas forcément évident. Et puis se placer pour l’année prochaine. J’espère qu’avec tous ces petits ingrédients-là mes joueurs resteront motivés. Je le suis, le comité directeur l’est, des partenaires qui le sont, également. Il faut qu’on mette toutes les chances de notre côté pour qu’on puisse faire une fin de saison où on attire du monde, où on remplit les tribunes. J’ai déjà eu quelques joueurs qui m’ont contacté, après cette finale, qui souhaiteraient venir. J’ai un bon groupe. Il y a de la frustration chez certaines personnes qui auraient bien aimé jouer en Coupe de France. Mais il y a six places sur un terrain et c’est le combat, à chaque entraînement pour pouvoir disputer un match.

Jouer au Coliseum était une volonté affichée depuis longtemps et l’objectif est atteint. Peut-être que cette opportunité permettra d’arriver au mois de juin en disant que vous méritez désormais une meilleure exposition…

C’est clair que le Coliseum, est un très bel outil. J’ai été un peu surpris pour le premier match. Pour un match de vacances où le football jouait en même temps que nous : on a eu du monde. Beaucoup de personnes se sont déplacées à Paris. On a été suivis aussi sur le live de la Fédération Française de Volley-Ball. Donc j’espère qu’avec ça, on va avoir un petit peu de monde. Samedi, on joue Fréjus, une très belle équipe, j’espère qu’on verra du monde. Après, je n’oublie pas d’où on vient. Le gymnase la Paix est important, pour moi, en tout cas. Je donne rendez-vous à tous ceux qui aiment le beau volley.

C’est véritablement difficile de se faire une place avec l’ASC, les Gothiques, le Basket, le Hand ?

Bien sûr, c’est très difficile. Après, on ne va pas se cacher derrière ça. On a la chance d’avoir une équipe de football en Ligue 1, alors forcément on s’attend à avoir moins de publicité. D’ailleurs, je tiens à vous remercier car GazetteSports parle beaucoup de nous, ça fait du bien. Avec une finale de Coupe de France, ça attire beaucoup de monde et apporte plus de lumière. On en aurait eu encore plus si on avait gagné, c’est sûr ! À Amiens, il y a une très belle saison sportive. J’espère juste qu’on n’oubliera pas le volley.

On évoquait l’impossibilité de monter cette saison, le projet de monter en Ligue B, c’est pour quand ?

C’est un petit peu compliqué. Le cahier des charges de la Ligue B est très lourd. La fédération française de volley-ball nous demande de dire dès le début de saison si on joue la montée ou pas. Il faut que l’entraîneur soit professionnel. Je ne le suis pas, je suis bénévole. J’ai les diplômes mais derrière je suis fonctionnaire à la Mairie d’Amiens ; je m’occupe d’un centre de loisirs pour enfants. On va devoir se structurer, peut-être que la Mairie pourra nous proposer quelque chose suite à la saison qu’on fait. Moi, j’aimerais bien qu’Amiens soit en Ligue B un jour, comme Saint-Quentin, comme Beauvais. On a les moyens de le faire. Cette année, on a une belle équipe qui peut continuer à progresser. Le talent, on l’a. Quand les Camerounais sont partis, ça devait durer une semaine et demie, ils sont partis cinq matches. Derrière, les remplaçants ont très bien fait leur boulot. On est un petit club. Je passe un petit message : si des gens aiment le volley et veulent s’investir, prenez contact avec moi, avec mon frère.

On le dit trop peu souvent mais les bénévoles sont très importants dans les structures associatives et sportives

On n’a pas beaucoup de clubs à Amiens : nous et Longueau, qui se reconstruit. S’il n’y a pas de bénévoles, le monde du volley risquerait de partir d’Amiens. J’ai grandi avec le volley, il m’a appris beaucoup de choses, il apporte beaucoup aux jeunes qu’on encadre. Ça prend beaucoup de temps. Avec de nouveaux bénévoles, on continuerait de grandir. Ça n’est pas évident de gérer un club à ce niveau-là. En jouant en N2, N3, ce sont des déplacements et matches un peu moins compliqués. Mais là on a envie de progresser à tous les niveaux. Le club tourne et tourne plutôt bien et il faut continuer comme ça.

Quel est votre objectif de fin de saison ? Le podium ?

C’était annoncé en début de saison mais le règlement de volley-ball a un petit peu changé : il devait y avoir deux montées, maintenant il y a en a trois. Cela relance un peu la saison pour les équipes qui visaient la montée. Il y a quand même du lourd dans notre poule. On va prendre match par match et si on finit dans les premières places, ce sera parfait.

Propos recueillis par Camille MARSIGLIA et Romain PECHON

Crédits photo : Reynald Valleron – GazetteSports.fr 

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