CYCLISME : Daniel Leveau : « Mon record ne sera jamais battu »

Avec à son palmarès, la bagatelle de 863 victoires, Daniel Leveau détient un record qui ne sera jamais battu. Explications…

Chaque année, à l’occasion du Prix de Blangy sur Bresle, synonyme de la dernière manche de Coupe de France, l’animateur du club Christian Becquet invite un ancien champion et c’est ainsi que l’autre samedi, c’était Daniel Leveau, immense champion qui a totalisé la bagatelle de plus de 800 victoires. Exactement 863 succès. C’est surement le record absolu dans le monde du cyclisme français. Daniel Leveau a marqué le cyclisme normand mais aussi français dans les années 80, au même titre par exemple que Jean-Michel Avril et Jean-François Laffillé. Disponible, toujours en activité sur le plan professionnel puisque chaque semaine il parcourt les marchés dans les environs d’Argentan afin de vendre ses produits, Daniel Leveau a bien voulu revenir sur sa carrière.

Il a communiqué le virus à ses enfants et notamment à Jérémy, qui a terminé cette saison troisième du championnat de France sur route derrière Demare et Bouhanni. « Quand Christian Becquet m’a appelé voici deux mois afin d’être l’invité d’honneur de ce Prix de Blangy, cela m’a fait évidemment plaisir. J’ai donné mon accord et puis, quel plaisir de retrouver cette région de Blangy. J’ai remporté dans ma carrière exactement 863 victoires. Cela parait beaucoup et sans prétention aucune, je pense que mon record ne sera plus jamais battu. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en Normandie mais partout en France, les courses amateurs ont beaucoup diminué. Gagner 50-60 courses dans une saison, ce n’est plus possible aujourd’hui. »

« Quand j’ai remporté ma première victoire, j’avais 16 ans. La dernière, c’était il y a deux ans et j’avais … 66 ans. Je me souviens qu’une saison, j’avais 33 ans, j’avais gagné 62 courses. Cela m’arrivait de gagner, par exemple, le samedi et le dimanche en Normandie, le lundi dans la Somme et le mardi dans le Nord. Je ne courais pas que dans ma région : pendant les vacances, j’allais dans le Sud Ouest et, en février, sur la Côte d’Azur. J’ai en quelque sorte parcouru tout l’hexagone. J’ai aussi gagné le prix Jean Renaux à Amiens. »

Mais au fait, Daniel, avez-vous été professionnel ?

« J’ai été pro en 1973 chez Flandria, j’avais 24 ans. Mais j’ai été accidenté dans une course en Belgique et cela a stoppé ma carrière car je venais d’être sélectionné pour participer au Giro. Étant donné que je n’avais qu’un contrat d’un an, ma carrière pro s’est donc arrêtée et je suis revenu chez les amateurs. Je n’ai aucun regret mais, à cette époque, quand on avait été pro et qu’on revenait chez les amateurs, on ne pouvait plus être pro ! Moi, je ne voulais surtout pas m’arrêter. Heureusement, les règlements ont changé ».

A dix reprises, Daniel Leveau a participé aux championnats du monde des vétérans. « En 2008, j’ai même été champion Master 3 en Autriche. » Daniel Leveau est aujourd’hui, un homme heureux, d’autant qu’il jouit d’une bonne santé et que ses enfants et petits-enfants perpétuent la tradition. Enfin, le coureur normand jette un regard nostalgique sur son sport préféré qui a beaucoup évolué notamment au plan matériel, vestimentaire et qui est devenu un vrai sport d’équipe. Mais ce que regrette surtout Leveau, c’est qu’il y ait de moins en moins de courses inscrites au calendrier et ce, pour des tas de raisons.

Lionel HERBET




  • Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.

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