FOOTBALL : « Il est hors de question de perdre contre Amiens »

Né en Picardie et formé à France Bleu Picardie au cœur des années 1990, Tony Selliez est désormais la voix de l’Olympique de Marseille sur France Bleu Provence. A la veille de ses retrouvailles avec le public amiénois et le stade de la Licorne, le journaliste a accepté de répondre à nos questions. Entretien.

Après deux défaites de rang, Marseille a renoué avec le succès, jeudi en Europa League. Même si la manière laisse à désirer, c’était important de mettre fin à cette série négative…

C’était même vital. A Marseille, le feu prend encore plus vite qu’ailleurs. Même s’il n’y a pas vraiment eu la manière, c’est une réconciliation de fortune avec le public. Surtout, c’est un bol d’air pour les joueurs, Rudi Garcia et les dirigeants. Maintenant, Marseille est encore convalescent.

Rudi Garcia est justement dans l’œil du cyclone depuis plusieurs semaines. Son renvoi est-il inéluctable ?

Il est parti pour un sursis permanent et pendant de longues semaines vis-à-vis du public. Par contre, je reste persuadé qu’il a le soutien de son président. Cependant, Jacques-Henri Eyraud est un chef d’entreprise, s’il doit trancher dans le futur, il le fera. Néanmoins, il a un projet sur le long terme avec l’entraîneur actuel. Pour autant, ce sera très compliqué avec le public. Je n’ai pas souvenir d’un changement d’opinion aussi radical en aussi peu de temps. On leur a déroulé le tapis rouge à leur arrivée, c’était justement le danger. Aujourd’hui, ils sont rattrapés par le principe de réalité. C’est donc violent et soudain.

Comment expliquez-vous cela ?

Cela a explosé entre juin et septembre, parce que les supporters ont besoin d’avoir une équipe qui les fait rêver et le mercato n’a pas répondu à leurs attentes. On leur a dit qu’il y avait 200 millions sur la table, on leur a dit qu’il y aurait une grosse équipe et que le mercato avait été anticipé dès l’hiver dernier. On se retrouve finalement avec deux recrues de dernière minute qui sont blessées. En outre, les résultats ne sont pas bons et cela explose donc en tribunes. Les supporters ont souffert ces dernières années, ils ont appris à être patients. L’arrivée de Mc Court a représenté une espérance, sans qu’ils aient le sentiment de pouvoir rivaliser avec le PSG, mais cela donnait le sentiment qu’il y avait un plan précis et que les dirigeants savaient là où ils voulaient aller. Finalement, le mercato est cohérent mais il est loin d’excitant.

D’autant que les résultats ne sont pas vraiment à la hauteur depuis l’arrivée de Garcia, notamment contre les têtes d’affiche du championnat…

Tout le monde pointe cette lacune sur le C.V. de Rudi Garcia. Il y a eu tôle sur tôle contre Paris, Monaco et Nice. Aux yeux de tous, Garcia est considéré comme le premier fautif. Si on regarde ses résultats en Ligue des Champions, que ce soit avec Lille ou la Roma, il a pris des raclées à chaque fois qu’il rencontrait un adversaire lui étant supérieur sur le papier. Tant qu’il n’aura pas un résultat contre un gros, il ne parviendra pas à se défaire de cette étiquette. Dès qu’il se retrouve sur un échiquier avec plus fort que lui en face, il est incapable de trouver la solution. Pourtant, il y a du matériel à l’OM, il a de nombreux internationaux, des joueurs confirmés, des joueurs qui ont joué la Coupe d’Europe.

Marseille est donc dos au mur avant d’affronter Amiens, ce dimanche…

Qu’importe l’adversaire, la défaite est presque interdite à Marseille. Les défaites acceptables sont rares. Contre Monaco, la défaite fait mal mais les supporters sont conscients qu’il y a une classe d’écart entre les deux équipes. Il est donc hors de question de perdre contre Amiens. Si jamais cela tourne au vinaigre, cela rentrerait dans la malheureuse histoire de Rudi Garcia et de cette direction. Amiens représente une véritable inconnue, c’est typiquement un match piège pour l’OM. La dynamique est très défavorable. Rudi Garcia vient de changer de système alors qu’il a toujours été obtus sur ce sujet. Il a décidé de remettre Payet en meneur de jeu, presque sous la pression. Cela ressemble à une situation d’urgence dictée par une certaine panique.

Etant natif d’Amiens, que représente ce match pour vous ?

C’est le match que j’attends depuis vingt ans. J’ai commenté les Girondins de Bordeaux pendant six ans, avant de rejoindre France Bleu Provence en 2010 pour commenter les matches de Marseille. Je m’étais donc promis de ne pas arrêter avant que l’OM ne joue au stade de la Licorne contre Amiens. En bon Picard, je n’ai jamais imaginé qu’Amiens monte en Ligue 1. Je regardais donc les tirages de la Coupe de France et de la Coupe de la Ligue, tous les ans. Malheureusement, Amiens était sorti avant même que Marseille n’entre en compétition. Le miracle s’est produit avec la montée du club en mai dernier. J’aborde donc ce match avec beaucoup d’enthousiasme. Je vais retrouver le stade de la Licorne avec un réel plaisir. J’ai une tendresse particulière pour ce club. C’est une forme de revanche pour tous les Picards de voir Amiens accéder à la Ligue 1. Nous sommes coincés entre Paris et Lille et nous avons tendance à nous rabaisser. La Picardie a longtemps été une terre ignorée et c’est donc très beau de voir la région mise en lumière grâce à la montée d’Amiens. D’autant que cette montée est amplement méritée et que le scénario fait que celle-ci restera dans les mémoires.

Propos recueillis par Romain PECHON

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