FLOORBALL : NE LEUR CHERCHEZ PAS DES CROSSES! 

Ces samedi et dimanche 24 et 25 novembre a eu lieu le premier tour du championnat de France de floorball, opposant les Hoplites-Ambiani d’Amiens aux équipes de Lyon 1 et 2. L’occasion de revenir sur la pratique de ce sport à Amiens, et plus particulièrement sur sa déclinaison au féminin.

Très populaire dans les pays nordiques, notamment la Suède, le floorball est un sport d’équipe, cousin du hockey sur glace et qui se joue en salle. Il oppose deux équipes de 5 joueurs et un gardien lors d’une partie de trois périodes de 20 minutes chacune, l’objectif étant de mettre une balle dans le but adverse à l’aide d’une crosse.

A Amiens, le sport est porté par l’association Amiens floorball, crée en 2008 et composée de quatre équipes adultes : une D1 et une D2 masculines, une équipe de compétition féminine, une équipe mixte loisirs et cinq équipes jeunes.

Jusqu’à cette année, les joueuses amiénoises faisaient partie des Valkyries, une équipe régionale du nord, regroupant des joueuses de Tourcoing, Quiévrechain et Amiens. Cependant, entre l’éloignement des joueuses qui rendait les entraînements difficiles et d’autre part, un nombre croissant d’intéressées à Amiens, l’idée est venue de monter une équipe féminine 100 % amiénoise.

C’est ainsi que naît l’équipe, comptant à l’heure actuelle 12 jeunes femmes «de 16 à 99 ans» comme elles se plaisent à le dire. Elles viennent donc d’horizons variés, ce qui crée une dynamique toute particulière qui n’altère en rien la cohésion de l’équipe.

Une cohésion de groupe

Avec un entraînement par semaine (une heure et demie tous les vendredis) les filles ont le temps de tisser des liens : entre les matches de championnat et les différentes sorties qu’elles s’organisent en dehors des entraînements (comme des courses : la défi run, la X’Trem run récemment, mais pas seulement).

Néanmoins Amiens floorball reste une jeune association qui peine à faire connaître son sport. Pour le moment, il y a 10 équipes masculines en D1, 30 équipes en D2 et 6 équipes féminines de floorball en Championnat de France et leur fédération n’est pas encore reconnue par le ministère de la jeunesse et des sports.

Mais l’association n’en démord pas : l’entraîneur des Hoplites féminines, Pierre-François Leblanc, est convaincu que c’est cette équipe qui mènera Amiens vers la fédération. Ceci permettrait d’obtenir des subventions par l’Etat, car pour le moment, nous confie la présidente Aurélie Boucher, la «majorité des ressources vient des cotisations et de la buvette», qui est installée à tous les matches.

L’association tente également de mobiliser des sponsors et partenariats, comme on peut le voir sur les maillots de match des joueurs et joueuses avec les différents logos.

La buvette justement, entretenue par les membres, qui apportent aussi la nourriture, est un symbole de la bonne ambiance qui règne au sein de l’association. Elle se ressent lors des matchs, quand les équipes masculines/féminines s’encouragent mutuellement et que, nous pouvons les voir s’amuser sur le terrain. Tout cela contribue à donner cette impression de match amical, où l’on joue pour le plaisir de jouer, sans pression.

Un sport au service de l’adrénaline

Mais être une Hoplite, c’est aussi être une battante : même sur petit terrain «il y a évidemment beaucoup de course », et « c’est très cardio, même pour moi en tant que gardienne, il y a de grosses montées d’adrénaline» assure Cathy Paris, gardienne de but. De plus, une partie de la stratégie reposant sur le turnover des joueuses pendant la partie, il est clair qu’une équipe avec un petit effectif sera moins avantagée qu’une autre.

Or, c’est le cas des Hoplites féminines : elles jouent avec deux lignes, c’est à dire 2 fois 5 joueuses et 1 gardienne de but, quand « un bon banc » comprend plutôt 3 lignes et 2 gardiennes de but, soit 5 joueuses de plus.

D’où l’importance du recrutement pour l’équipe. Recrutement qui reste difficile alors que le sport est plus accessible que le hockey : il n’y a pas la contrainte de savoir patiner, et un équipement moins important (une crosse et des baskets d’intérieur)

Quiconque est intéressé par le floorball peut, avant de s’engager, participer à deux entraînements au sein l’équipe féminine le vendredi, ou l’équipe loisir qui s’entraîne les samedis midis au gymnase Janvier. La section loisir est un véritable tremplin pour intégrer les équipes de championnat.

Au fond, l’équipe féminine cristallise en elle toutes les ambitions de l’association : mieux faire connaître son sport, gagner de nouveaux membres et, pour le championnat, se qualifier pour les play-offs !

Toute jeune, elle se cherche certes encore au niveau de son jeu, notamment avec l’intégration de nouvelles recrues parmi des joueuses plus expérimentées, mais comme l’a noté l’entraîneur Pierre-François Leblanc, les joueuses ne manquent pas d’implication : « elles se donnent beaucoup aux entraînements, et elles viennent toujours même quand elles savent qu’elles ne vont pas jouer ». Il suffit de les voir sur le terrain pour être convaincus de leur progression au sein du championnat et en tant qu’association.

Un esprit que leur cri de guerre transcrit à merveille : envie, plaisir, victoire, Hoplites !

R.M.S.




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