FOOTBALL : Tour d’horizon des concurrents au maintien de l’ASC

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Alors qu’il ne reste que 10 journées à jouer, petit tour d’horizon des différents prétendants au maintien en L1 et de leurs chances d’y parvenir.

Monaco

On les voyait se sauver avec certitude beaucoup plus facilement, mais les joueurs du rocher sont toujours dans une zone de tension, même si les principales turbulences sont derrière eux. Si leur défense reste toujours fébrile, leur gros argument pour prétendre à se maintenir réside dans leur force de frappe offensive, conjuguée avec leur regain de forme depuis le retour de Leonardo Jardim. Ainsi, sur les 6 dernières journées de championnat, les Monégasques possèdent la 3ème attaque de Ligue 1.

Ce regain de forme se matérialise tout particulièrement à domicile. Il ne leur reste toutefois plus que 4 matchs à y jouer contre 6 en déplacement, où ils n’ont pas gagné depuis leur venue à la Licorne. Or, à l’extérieur, leur calendrier comporte un certain nombre de gros morceaux. Les hommes de Jardim se déplaceront en effet à Lille, Paris ou Rennes, ainsi que chez des Nîmois particulièrement brillants chez eux.

Et les matchs à domicile ne sont pas tous d’une facilité évidente. Monaco accueillera en effet Reims puis Saint-Étienne, deux équipes en lutte pour une place européenne. Restent finalement deux matchs plus abordables : la réception de Caen et le voyage à Guingamp, qui seront particulièrement décisifs contre des adversaires directs. Selon la maîtrise de ce calendrier, un dernier match à domicile pourrait soit s’avérer sans enjeu, soit être particulièrement décisif : celui contre l’ASC.

Dijon

Le bilan récent des Dijonnais, c’est une seule victoire en plus de 4 mois. Autant dire qu’avec 6 points de retard sur le premier non-relégable, la tâche s’annonce ardue. Pourtant, les Dijonnais ne sont pas ridicules récemment. En comparaison avec un certain nombre de leurs adversaires, ils ne pâtissent ni d’une défense catastrophique (la 9ème depuis le début des matchs retour), ni même de la pire attaque, quoique celle-ci se soit largement grippée cette saison (16ème sur la même période). Ce qui ne trompe pas, c’est une différence de buts, sur le parcours récent, certes négative, mais relativement acceptable au point d’être tout à fait égale à celle d’Amiens malgré moitié moins de points récoltés.*

Mais les courtes défaites s’enchaînent et Dijon n’avance pas. Ce parcours est particulièrement alarmant à l’extérieur. Les Bourguignons n’y ont en effet marqué que 3 points depuis la fin du mois d’août. Or, c’est bien là que le calendrier est le plus clément avec eux, avec les déplacements à Guingamp, Caen ou encore Nantes. Si le manque de résultats se poursuit hors de leurs bases, cela risque de leur être fatal au vu de l’adversité. Par ailleurs, ils auront également à rencontrer Lyon et Paris.

D’autant que la dynamique est à peine meilleure à domicile même s’ils n’y comptent que 3 défaites lors des 8 derniers matchs, à chaque fois contre des prétendants à l’Europe (Paris hier, Marseille et Saint-Étienne). C’est donc là que Dijon devra faire la différence avec les réceptions de Nice, particulièrement en difficulté en déplacement depuis plusieurs mois, d’Amiens pour un match particulièrement important, de Strasbourg qui pourrait être démobilisé à ce moment et finalement de Toulouse avec une réception plus délicate de Rennes intercalée.

*Ce constat ne concerne que les matchs retour et ne prend donc pas en compte les 4 buts encaissés cette semaine en match en retard contre le PSG, comptant pour les matchs aller

Caen

S’il s’agit de chercher l’équipe la plus mal en point de cette lutte pour le maintien, le doute n’est pas vraiment permis, il s’agit des malherbistes. Ce ne sont en effet que 2 points que les joueurs de Mercadal ont engrangé depuis le début de la phase retour, plombés tant par une défense aux abois que par une attaque en panne (4 buts dont 3 pour le seul Ninga).

Avec pareil bilan, difficile de dissocier la médiocrité à domicile de celle en déplacement. Mais il est vrai que le calendrier récent à domicile était particulièrement ardu avec, notamment, 3 équipe du top 4 de Ligue 1. Si la réception prochaine de Saint-Étienne ne sera pas non plus une sinécure, accueillir Angers puis Dijon, dans un match de la mort, pourrait éventuellement relancer la machine avant d’accueillir Reims et une équipe de Bordeaux probablement démobilisée.

Il n’y a en revanche pas grand chose à espérer des déplacements. Au-delà des 5 points pris lors des 11 dernières rencontres à l’extérieur, le calendrier sera particulièrement ardu avec pour seul match abordable loin de D’Ornano celui à Guingamp placé après Monaco, Nice, Nîmes et avant Lyon.

Guingamp

Le parcours guingampais récent est mitigé. Un regain de forme fin décembre et début janvier où, en plus de l’élimination du PSG en Coupe de la Ligue, les Costarmoricains battaient Monaco et remportaient le derby breton contre Rennes. Puis une lourde défaite au Parc des Princes cassait la dynamique. Avant 5 derniers matchs qui, dans une meilleure position, pourraient laisser espérer le maintien. Au final, ce ne sont pourtant que 5 points et une avant-dernière place sur la phase retour, malgré de nombreuses recrues, qui jouent d’ailleurs assez peu.

Ce bilan est particulièrement plombé par une attaque presque muette. En effet, les Bretons restent sur 7 matchs sur les 10 derniers sans le moindre but. Au total, la phase retour ne les a vu inscrire que 2 buts. Si cela n’a pas empêché d’obtenir quelques matchs nuls, ce sera insuffisant pour viser le maintien si la dynamique n’est pas rompue.

La chance de Guingamp est finalement de rencontrer plusieurs adversaires directs, et tout particulièrement à domicile avec les réceptions de Dijon, Monaco et Caen, entrecoupées, il est vrai par la venue de Marseille et suivie de celle de Nîmes, dont l’ASC a pu expérimenter le week-end dernier leur moins grande sérénité hors de leurs bases que chez eux.

Les déplacements n’iront, en revanche pas dans le sens des Bretons. Avant de venir à la Licorne lors de la dernière journée, ils devront aller à Montpellier, Strasbourg, Nice et Rennes, soit autant d’équipes de la première partie du classement et qui se débrouillent bien sur leur terrain.

Amiens

Si l’on excepte le cas un peu particulier des Monégasques, l’ASC est donc bel et bien, dans le lot, l’équipe la plus en forme en ce moment. Avec 3 victoires et 10 points sur les 9 dernières journées, les Amiénois ont pris au moins le double de points par rapport à leurs adversaires directs. Quant à chercher 3 victoires en L1 chez les 3 derniers, il faut remonter à août pour Dijon, début septembre pour Caen et fin décembre pour Guingamp.

Pour couronner le tout, c’est une attaque plutôt retrouvée qui s’exprime, de quoi compenser un secteur défensif toujours au niveau des autres prétendants au maintien.

Comme déjà noté par bon nombre d’observateurs, ce regain de forme est passé principalement par les matchs à domicile. Les réceptions de Bordeaux, Toulouse et Guingamp seront donc d’une grande importance. S’il sera plus difficile de chercher des points contre Saint-Étienne, qui est toutefois en perte de confiance, la réception de Strasbourg, très en difficulté à l’extérieur dernièrement, pourrait également être l’occasion d’un bon résultat.

Le principal problème qui se pose à l’ASC est finalement que la partie à la fois la plus simple et la plus importante de son calendrier se trouve à l’extérieur où les Amiénois ne décrochent que rarement la victoire. Ce sont en effet des déplacements qui auront lieu à Dijon et à Monaco. En plus de cela, l’ASC ira à Angers, solide à domicile, Nantes, probablement en roue libre et Montpellier, également très difficile à bouger.

Bilan

Avec aucun cador à rencontrer, et même seulement 2 équipes parmi les 8 premiers et avec une dynamique, et donc une confiance, bien plus positive que celle de ses adversaires, l’ASC part en bonne posture pour obtenir son maintien. D’autant qu’il ne s’agit pas de rattraper des équipes mais bien de ne pas perdre les 7 points d’avance par rapport à la position de barragiste. Le tout alors qu’aucune des équipes concernées n’a réussi à inscrire 7 points lors de la première moitié de cette deuxième partie de saison.

Pour autant, il faudra se méfier de nombreuses confrontations directes qui peuvent tout à la fois faire perdre des points à tous les adversaires mais également en relancer un en particulier. Avec des confrontations directes à l’extérieur pour l’ASC, il s’agit donc toujours d’être prudent. Et également de se dire que les matchs contre des équipes n’ayant plus rien à jouer comme Angers, Nantes ou Bordeaux vont être importants et à jouer à fond.

Pour conclure sur une note positive, nous nous appuierons sur les calculs du professeur à l’Université de Lille, Fabien Torre. Celui-ci ne donne plus en effet qu’un risque de descente ou de barrage de 10% à l’ASC, contre plus de 80% aux trois derniers actuels. Avec un maintien calculé comme pouvant le plus probablement s’obtenir à 37 points, il ne reste plus à Amiens qu’à conclure l’affaire en remportant 2 rencontres sur les 10 restantes. La mission semble dans les cordes des joueurs de Christophe Pélissier.

Morgan Chaumier

Crédits photo : Léandre Leber – GazetteSports / François Lo Presti – AFP

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