VOILE : Pierre Antoine, au sommet de la vague !

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Pierre Antoine est un skipper amiénois, qui plus est licencié à l’Amiens Voile, et géologue de métier. Il connait très bien l’Atlantique pour l’avoir traversé à maintes reprises entre Québec et St Malo, de l’ile de Wight à New-York, ou la Route du Rhum…

Il avait une revanche à prendre sur cette course puisque lors de l’édition précédente, son bateau Olmix avait subi la foudre et donc l’abandon.

Mais retenons son dernier exploit :  gagner la Route du Rhum tant sur le plan de course que dans les cœurs ! Et cela pour s’être dérouté vers Lalou Roucayrol.

Une victoire en 15 jours, 21 heures, 15 minutes et 5secondes.  

Pierre Antoine à l’arrivée du Rhum

Nous l’avons eu au téléphone hier, voilà notre entretien :

«C’est une victoire à 3, le bateau, le routeur et le skipper. Je suis très fier du bateau ! Il a 25 ans, en bois et époxy, un peu lourd, résistant et aimant le gros temps. Avec Dominic Vittet (le routeur) nous avons misé sur le mauvais temps. Le bateau est un peu un tank et cette météo nous a permise de faire un premier décalage avec les autres bateaux.  Nous avons eu 7 jours de vent dans le nez, des conditions peu évidentes. En arrivant vers les Alizés, nous faisons le choix de descendre plus au sud pour aller chercher du vent de force 5/6, mieux pour Olmix, même si plus éprouvant. J’ai navigué avec au moins 20 nœuds de vent, idéal pour Olmix. Là, j’ai commencé à réaliser l’avance sur les autres bateaux de toutes classes.

C’était un rendez-vous de cosmonautes

Puis le trimaran Multi50 Arkema de Lalou Roucayrol chavire. Il est à 260 miles.  Il n’y a aucune question à se poser à cet instant, on ne discute pas, je suis le plus proche et donc on y va ! C’était un rendez-vous de cosmonautes ! Deux bateaux au milieu de nulle part à se trouver. Les GPS sont là, il y a une magie…  Après une tentative dans la nuit, on décide de rester à la « cap » à proximité, et d’attendre le matin, et on y arrive. Je connaissais un peu Lalou pour avoir naviguer sur des courses contre lui. Nous avons passé deux jours à discuter de tout ! C’était une expérience agréable. Puis nous avons fait le « transbordement » avec le remorqueur. La manœuvre était plus délicate qu’avec le trimaran.

Après, retour à la course. J’avais moins de pression. L’avance était là et j’avais à gérer le matériel pour éviter la casse. La dernière nuit a été difficile, le tour de l’île. Je ne voulais pas me mettre dans une position physique confortable pour éviter de m’endormir. J’ai su pour Alex Thomson et sa pénalité est dure. Pour moi il est le vainqueur.  

Des bons plats en bocaux ! 

La ligne passée, j’ai eu le droit au ti-punch, à la bouteille de rhum et à ouvrir le champagne ! L’épouse de Lalou Roucayrol était là, et m’a remerciée. Le comité de course m’a offert un steak frites comme premier repas. Sur Olmix, j’ai bien mangé. Avec le poids du bateau, nous n’étions plus à 10 kg prêt. J’avais donc des bocaux. C’est important pour l’homme et le moral !

Olmix avait déjà remporté le Rhum par deux fois (avec Escoffier en 1998 et 2002). Pierre Antoine une fois dans une autre classe (classe 3 en 2006) ou seul son bateau avait franchi la ligne du fait de l’abandon des autres marins de sa Class. Pierre Antoine a devancé sur la ligne de nombreux bateaux « plus performants » comme les Rhum Mono, Class 40 et quelques Class IMOCA…

Une victoire pleine donc ! Pierre Antoine sera de retour à Amiens d’ici une semaine. Pour préparer quel nouveau départ ?

Léandre Leber




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