Pierre Pardoën est devenu une idole grâce au Tour de France 1952.

L’accueil des champions dans la capitale picarde :

Depuis plus d’un demi siècle, Amiens a eu l’habitude de fêter ses  champions.

Les derniers en date sont les joueurs de football de l’Amiens SC qui, en mai 2017, grâce à un but d’Emmanuel Bourgaud, ont propulsé le club en L1 pour la première fois de son histoire;

Les hockeyeurs sur glace de Dave Henderson et Antoine Richer  qui avaient remporté la Coupe Magnus ont eu eux aussi, droit à un accueil exceptionnel de la part de la population amiénoise.

Mais le champion qui a été le plus fêté dans sa ville est incontestablement le coureur cycliste Pierre Pardoën.

Contextualisation :

En 1952, dans un Tour de France remporté par l’immense campionissimo Fausto Coppi, l’Amiénois Pierre Pardoën avait terminé l’épreuve et à son retour dans sa bonne ville, il devait recevoir un véritable triomphe de la part d’une population enthousiaste. Il faut dire que nous sommes quelques années après la guerre et les habitants ont besoin de se passionner pour un événement après avoir tant souffert auparavant.

Pierre Pardoën est complètement inconnu lorsqu’il prend le départ de ce Tour de France d’autant qu’il ne passe professionnel que juste avant le départ fixé à Brest. Le coureur ne connait aucun de ses équipiers de la formation Centre-Nord-Est et encore moins son directeur sportif M. Ducazeaux. C’est la première fois qu’il voit de près les grands champions de cette époque les Fauso Coppi qu’il reverra un peu plus tard dans les étangs de Longpré les Corps Saints car l’Italien est un amoureux de la chasse, Gino Bartali, Rik Van Stenbergeen et le Hollandais Wim Van Est etc.

Parmi les 60 coureurs français au départ, il est le seul représentant du Nord de la  France. Il ne veut évidemment pas décevoir lui qui venait tout juste d’être libéré du service militaire effectué au 406e R A A.

Ce Tour de France 1952 démarre sur les chapeaux de roue pour Pierre Pardoën qui se retrouve dans une échappée avec deux Belges dont le redoutable sprinter Rik Van Stenbergeen. qui s’imposera au sprint. Mais Pierre Pardoën regrette d’avoir manqué de culot car en osant plus, il aurait peut-être terminé seul .

Qu’importe, le soir à l’hôtel, Pierre Pardoën est fêté par ses équipiers tandis que son directeur le voit déjà avec le maillot jaune sur le dos dans les prochains jours. Le lendemain, effectivement Pierre Pardoën sera maillot jaune mais seulement de façon virtuelle. La suite sera plus difficile notamment les étapes de montagne mais le coureur amiénois dont le premier métier fut ébéniste, terminait à Paris

A son retour à Amiens,  une foule immense se trouve sur le parcours qui mène de la Gare SNCF jusqu’à l’Hôtel de Ville où le maire et son conseil municipal vont le recevoir officiellement.

Jamais plus par la suite, un sportif quel qu’il soit ne recevra un tel accueil.

A l’époque, le grand hebdomadaire sportif  Miroir Sprint va consacrer deux pages pleines à Pierre Pardoën dans lesquelles il raconte toute sa vie et surtout son Tour de France. Ces deux pages figurent dans le même numéro consacré aux Jeux Olympiques d’Helsinki et ce 5 000m de légende avec le duel Zatopek-Mimoun.

Qu’est devenu le grand champion?

La carrière de Pierre Pardoën va durer jusqu’en 1959.

Sa reconversion sera pleinement réussie puisqu’il sera le patron d’une grande carrosserie employant 35 personnes. Il sera aussi maire de Belloy sur Somme.

Ce champion  qui reçoit toujours plus d’un demi siècle après, des lettres de supporters, sera reçu ce samedi 15 septembre, à 10 heures, l’hôtel de ville de Picquigny. Mémoire Vivante a en effet décidé de mettre à l’honneur ce champion qui est toujours resté d’une grande simplicité.

Lionel Herbet

Photo d’illustration – Crédit Photo : DR




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