Entré en fin de rencontre face à Metz (2-0), Julien Ielsch a disputé son dernier match au stade de la Licorne, samedi soir. A 35 ans et après avoir découvert la Ligue 1 cette saison, l’emblématique défenseur amiénois va effectivement raccrocher les crampons et intégrer le centre de formation.

Julien Ielsch, avez-vous disputé votre dernier match à domicile ?

Avec l’équipe professionnelle, oui. Je vais rencontrer les dirigeants dans les semaines à venir pour connaître la suite. J’ai pris une décision qui était très dure à prendre mais il faut savoir la prendre au bon moment et dans les bonnes circonstances.  Je suis arrivé au club en 2015 pour un bon projet qui était une remontée en deux ans (ndlr : du National en Ligue 2). Etre en Ligue 1 aujourd’hui, c’était inespéré pour le club et pour moi. Avec le maintien que l’on a réalisé, c’est le bon moment pour dire merci à tout le monde.

Vous n’aviez plus l’envie de continuer ?

Si, j’avais envie de continuer mais ce n’est pas un choix par défaut. C’est une décision mûrement réfléchie. Le plus dur était de passer à autre chose dans la tête mais j’ai un super challenge qui m’a été proposé par le directeur du centre de formation. Avec les nouvelles structures et la nouvelle organisation du centre, c’est le bon moment pour attraper le wagon. En général, je ne me trompe jamais, souhaitons que ce soit encore le cas.

Peut-on dire que vous partez sur la plus belle saison de votre carrière ?

Non, j’en ai vécu de plus belles humainement. Cependant, je finis en apothéose, en Ligue 1, le Graal du football français avec l’équipe de France. J’avais déjà pris ma retraite internationale, Didier (Deschamps) n’a donc pas pensé à moi, ce sont ses choix. Plus sérieusement, je prends cette décision car c’était le moment idéal pour le faire. J’ai fait une carrière professionnelle de quinze saisons, il est temps de laisser la place et d’aller apprendre le métier aux gamins qui pensent que c’est facile de devenir professionnel.

Et vous partez sous les vivats du public…

Cela fait toujours plaisir d’avoir cette récompense. Je pense n’avoir jamais triché, dans tous les clubs où je suis passé. J’ai toujours mouillé le maillot, même avec mes idées qui sont parfois assez tranchées. Je me suis toujours mis minable et c’est désormais à moi d’apprendre ça aux jeunes du club.

Comment abordez-vous ce tournant dans votre vie ?

C’est effectivement un tournant. J’y ai déjà réfléchi l’an dernier, j’étais à deux doigts d’arrêter mais je ne pouvais pas m’arrêter alors que j’avais l’opportunité de jouer en Ligue 1. Quand le club m’a proposé un contrat, j’ai un peu sauté dessus. Là, j’ai mûrement réfléchi ma situation, celle du club, du centre de formation et ma situation familiale, le moment était donc venu de le faire. Je remercie l’ensemble du club d’avoir fait avec mon caractère, ma façon de faire. Maintenant, ce n’est pas une fin en soi, j’ai envie d’apprendre le métier d’entraîneur. Je sais que c’est deux mondes à part entre consommer le football et faire adhérer les gens. Je pars dans une reconversion de plusieurs années pour me former au métier d’entraîneur. Peut-être que dans six mois ça ne va pas me plaire du tout et je dirais que ce n’est pas fait pour moi. Sans être prétentieux, je pense que c’est quand même fait pour moi. Je ne le fais pas parce qu’on me replace là mais par envie et amour du football.

Propos recueillis par Romain PECHON

Photo d’archive : Leandre Leber – GazetteSports.fr

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