Avec une seule victoire en neuf matches, Amiens est passé d’une excellente neuvième place à une dangereuse position de premier non-relégable en l’espace de deux mois. Loin d’avoir été comblé par son mercato hivernal, Christophe Pelissier va devoir activer certains ressorts pour remobiliser son groupe. Tour d’horizon des options à disposition du technicien picard.

Changer de schéma tactique ? Oui, mais pour lequel ?

Après avoir tenté la défense à cinq en début de saison, Christophe Pelissier est rapidement revenu à un dispositif plus traditionnel, dès la fin août. Désormais en 4-2-3-1, le promu a semblé trouver son équilibre au cœur de l’automne. En s’appuyant sur une immuable colonne vertébrale composée de Gurtner-Gouano-Monconduit-Zungu-Kakuta-Konaté, l’ASC a alors enchaîné huit matches consécutifs sans défaite. Toutefois, le jeu picard est ensuite devenu trop prévisible et la relation Kakuta-Konaté ciblée par les différents adversaires. Moins en vue depuis deux mois, le meneur de jeu amiénois ne parvient plus à peser sur le sort des rencontres. Dans son sillage, c’est tout l’édifice amiénois qui s’est effondré. Avec aucun tir cadré sur les deux derniers matchs, Amiens doit impérativement activer un plan B.

Ainsi, un changement de schéma tactique peut s’apparenter à une option intéressante. Christophe Pelissier doit-il privilégier un milieu à trois afin de se montrer moins hermétique dans l’entrejeu ? Faut-il apporter du soutien à Moussa Konaté en jouant avec deux attaquants ? Toutes ces pistes sont difficiles à suivre eut égard au moment de profondeur de l’effectif samarien. D’autant que la tactique couchée sur la feuille de match n’est qu’une photographie à un moment donné. Dans les faits, l’animation d’un système dépend de l’application et de l’implication des joueurs. Surtout, de prétendus détails – comme le positionnement du bloc, le déclenchement du pressing ou bien encore la hauteur de récupération – font en réalité une grande différence.

(Re)lancer certains joueurs ? Oui, pourquoi pas.

S’il est vrai que Christophe Pelissier a procédé à un certain turnover au mois d’octobre, une équipe-type s’est néanmoins dégagée au cours de la saison. Ainsi, Gurtner, El Hajjam, Adenon, Gouano, Dibassy ou Avelar, Zungu, Monconduit, Gakpé, Kakuta, Manzala et Konaté ont participé à la quasi-totalité des rencontres jouées par l’Amiens SC. Alors qu’il souhaitait avoir davantage de profondeur de banc, en disposant notamment d’un attaquant et d’un ailier droit supplémentaires – l’entraîneur amiénois devra donc composer avec un groupe large – une trentaine de joueurs étaient encore sous contrat – mais particulièrement déséquilibré. Et pour cause, en attendant un hypothétique retour de Lacina Traoré – Seybou Koïta est la seule solution de repli en cas d’absence de Moussa Konaté. Or, l’international sénégalais manquera la réception de Toulouse, le 17 février, pour cause de suspension.

Ainsi, il pourrait être intéressant de relancer quelques joueurs en manque de temps de jeu. Entré en cours de jeu contre Saint-Etienne, Emmanuel Bourgaud pourrait ainsi faire son retour dans la rotation offensive. Toujours habile sur coup de pied arrêté, l’ancien Angevin pourrait ainsi prêter main forte dans un secteur particulièrement défaillant. De retour de blessure, Guessouma Fofana a déjà accumulé un temps de jeu conséquent. Loin d’être revenu à son meilleur niveau, le natif du Havre jouera quoi qu’il arrive un rôle déterminant dans un secteur de jeu longtemps restreint au duo Zungu-Monconduit. Si Mathieu Bodmer se montre intéressant dans un rôle de numéro 10, il est surtout le troisième homme dans un secteur axial offensif qui se cantonne aux seuls Kakuta et Konaté. Enfin, les retours de blessure de Zungu, Avelar et, dans un futur plus lointain, de Quentin Cornette ne peuvent que faire du bien.

Remobiliser son groupe ? Oui, à coup sûr

Si personne ne s’attendait à voir Amiens acquérir son maintien en toute quiétude, on demeure en droit d’attendre un tout autre état d’esprit que celui affiché face à Angers et Saint-Etienne. Conquérants avant la trêve, les Amiénois ont perdu tout esprit de combativité en 2018. Alors que l’année avait débuté par une correction à Sochaux (6-0), excusée en raison de l’équipe alignée ce jour-là, l’ASC n’a finalement remporté qu’un seul match en cette année civile, celui contre Guingamp (3-1). Une victoire qui apparaît aujourd’hui comme un simple sursaut au cœur du marasme actuel. Pire bilan du championnat depuis deux mois, Amiens est notamment en grande difficulté à l’extérieur. Hormis la victoire à Metz (0-2), alors en perdition, les Picards restent sur une victoire pour deux matches nuls et six défaites depuis le déplacement à Strasbourg (0-1), le 9 septembre.

Avec un visage aussi inquiétant à l’extérieur, l’Amiens SC pourrait regretter les points laissés en route contre des concurrents directs. Conscient de cette lacune, Christophe Pelissier espérait une prise de conscience de ses joueurs avant le déplacement à Angers. Loin s’en faut, les Picards ont très certainement livré leur plus mauvais match de la saison. S’il est vrai que Toulouse, Troyes, Caen, Strasbourg et Metz viendront jouer à la Licorne, Amiens ne pourra très certainement pas se contenter de victoires à domicile pour se maintenir. Or, les succès à l’extérieur sont souvent une question d’état d’esprit. Un domaine dans lequel les Amiénois sont actuellement également loin du compte.

Romain PECHON

Crédits photo : Leandre Leber – GazetteSports.fr

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