La triste nouvelle nous est parvenue ce mardi après-midi par la bouche d’un de ses fils. Daniel Leullier (81 ans) qui a marqué l’histoire de la boxe picarde et même nationale dans les années 60, est décédé des suites d’une longue maladie. Il se trouvait dans un établissement spécialisé à Rue.

Daniel Leullier s’en est allé

Avec Daniel Leullier, c’est tout un pan de notre jeunesse qui disparaît. Daniel Leullier a en effet débuté la boxe à Amiens, la salle se trouvait rue Caumartin dans ce qui était alors le gymnase principal de la ville. Son professeur était Louis Bixel et le président du club M. Amblard. À cette époque, la boxe à Amiens était florissante puisqu’outre Daniel Leullier, nous avions Jean Kowal, Gilbert Grare ou encore Jean Ramon.

Daniel Leullier a effectué ses débuts professionnels au cirque d’Amiens. Maurice Gest était alors le chef du service des sports du Courrier Picard et père d’Alain, Président d’Amiens-Métropole. Après le premier combat pro de Daniel, il écrivait : « Amiens possède-t-il avec Daniel Leullier, une future étoile du ring ? Il est encore trop tôt pour répondre par l’affirmative mais une chose est certaine : l’espoir picard est maintenant un boxeur avec lequel les meilleurs de sa catégorie devront compter ». 

Orphelin d’un titre national

Par la suite, il a disputé ses combats au cirque avant de partir pour d’autres cieux. Il n’a jamais été champion de France mais il est vrai que la catégorie des poids moyens était très fournie notamment avec un certain Jean Ruellet. Daniel Leullier était à la fois boxeur professionnel mais aussi transporteur. Il nous racontait qu’il lui arrivait de s’arrêter sur un parking de l’autoroute et d’effectuer son footing. Car à cette époque, les combats n’étaient pas conclus à l’avance. Il arrivait que Jean Bretonnel, le célèbre manager de cette période, appelle Daniel Leullier et lui dise qu’un combat l’attendait en fin de semaine.

Parfois en Italie, et c’est ainsi qu’il devait affronter les meilleurs boxeurs européens notamment Benvenuti et Mazzinghi. Jamais Daniel n’a refusé un combat et ce quel que soit l’adversaire. Et s’il était souvent battu, c’était toujours aux points après avoir tout donné et même inquiété son adversaire. À Paris, Daniel affronta un jour le fameux Gilbert Ballarin. Le combat fut splendide d’intensité. Daniel Leullier a donc livré une centaine de combats et plus tard, nous l’avons côtoyé dans les salles lors de réunions de qualité notamment à Gamaches, Escarbotin et dernièrement Abbeville où il venait encourager Johann Duhaupas.

Un homme généreux

Dans les années 80, Daniel Leullier avait été un fervent supporter du SC Abbeville en D2. Un soir, il s’en était pris vertement à l’entraîneur de Sedan, M. Tordo. Les deux hommes avaient failli en venir aux mains. Daniel était un garçon d’une grande gentillesse mais il ne fallait surtout pas lui marcher sur les pieds. Nous étions son ami. Une amitié qui remontait à ses débuts pros et c’est ainsi, qu’un soir en 1960, Daniel était venu effectuer une démonstration à Picquigny avec l’Algérien Boukerra qui était lui aussi licencié à Amiens.

Daniel Leullier n’avait pas demandé un centime. Ce geste serait-il encore possible aujourd’hui ?

Lionel HERBET




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