Nouveaux présidents de l’Amiens Hockey Elite (AHE), la structure qui gère l’équipe professionnelle, et du Hockey Club Amiens Somme (HCAS), qui gère la partie au niveau amateur, Patrick Letellier et Vincent Bachet ont reçu Gazette Sports dans les locaux du club pour évoquer l’incidence de ces changements pour les Gothiques.

Gazette Sports : Ca fait maintenant quatre ans qu’un entraîneur adjoint « du club » est présent, quelle est l’importance de ce genre de personnes pour faire un lien entre pro et amateur ?

Vincent Bachet : Quand on connaît la maison et le fonctionnement, c’est plus simple de faire marcher l’ensemble. Il y a une vraie histoire dans le club et ça facilite grandement les choses.

Ca permet de développer des projets à plus long terme…

VB : Ca permet d’accentuer et d’améliorer notre projet sur le long terme. Mais former un joueur de hockey, c’est long ! On commence en U7, et si on met une nouvelle stratégie au niveau de la formation et un nouveau plan à ce niveau, les fruits, on les touchera que dans une dizaine d’années. Il y a une inertie qui est longue sur la formation, mais on y travaille, on a un staff très concerné et on est très ambitieux sur ce domaine, pace qu’on sait que c’est important aussi pour l’équipe pro d’avoir un maximum de joueurs de haut niveau qui peuvent venir les renforcer.

Il n’y avait pas de plan de formation sur la durée, avant votre arrivée ?

Patrick Letellier : C’était compliqué…

VB : Ca dépendait un peu des énergies. Là, on a un staff étoffé d’entraîneurs salariés et on a les moyens de nos ambitions

PL : C’est important que l’on ait en tête que tout le monde travaille pour le club, pour le hockey à Amiens, pour une continuité, et pour remettre Amiens sur le devant de la scène. Alors ça passe par le sportif, par les résultats, mais aussi la formation, c’est très important, et ça passe par une cohérence de gestion globale. Ce sont trois points qui font que ça peut marcher et on va essayer de faire ça. J’espère que ça marchera. On n’a pas de baguette magique mais j’espère que ça va marcher et que l’on va pouvoir continuer dans ce sens, sachant que j’ai toujours plaidé dans le fait que le hockey devait revenir aux hockeyeurs. Vincent connaît le hockey, il a la capacité de gérer une boutique, et plus il y en aura dans le hockey, mieux ce sera. Il y a quand même une sensibilité dans le hockey que par exemple moi, qui n’ai jamais patiné ni joué, je n’ai pas. Et c’est pour ça aussi que, dans le HCAS, quand je suis revenu il y a deux ans, j’ai tenu à mettre des anciens hockeyeurs comme Hervé Petit, Vincent Bachet ou Simon Petit, qui me remplace dans le comité du HCAS, parce que ça me paraissait important qu’ils soient présents et puissent être dans le fonctionnement du club.

Est-ce ce qu’il a manqué à Amiens ces dernières années ?

PL : Il ne faut viser personne, on a eu un problème de résultats. Quand on est dans les quatre premiers, ce n’est pas comme quand on finit sept ou huitième chaque année, c’est évident. Il ne faut pas être hockeyeur pour comprendre ça. On a payé ça, et c’était compliqué. Cette année la mayonnaise a pris, ça marche, les coaches ont fait leur équipe, ils ont voulu une certaine identité, je pense que Mario ne voulait pas de stars mais un groupe, c’est ce qu’il a fait, ça marche. Il nous manque encore des choses. On n’a pas eu de titres depuis 2004, pas de finale en championnat depuis 2006. A un moment, le sport, c’est aussi les résultats, donc il faut que l’on arrive à ce que ça se fasse. Mais certainement pas au détriment de rien, pas comme en 1999 où l’on a un titre et ensuite on dépose le bilan. Ce n’est pas comme ça qu’il faut faire.

Pas « acheter » un titre, mais le construire sur la durée…

PL : Voilà. On a des actionnaires qui font leur job et qui sont présents, et heureusement qu’ils sont là, il faut quand même les saluer. Je veux bien que l’on critique les choses, mais il faut quand même avoir une sacrée dose de volonté pour continuer à être actionnaire, à mettre de l’argent, de faire en sorte que ça fonctionne, de boucher les trous. Ce n’est pas si simple que ça. Ils ne viennent pas pour faire de l’argent, ils viennent là parce qu’ils ont une certaine idée du hockey amiénois, de ce club, ils ont envie de le faire progresser et d’aller chercher un titre. Ils sont attachés à ça, et il faut les remercier. Il n’y en a pas beaucoup qui seraient capables de le faire. A Amiens, il n’y en avait pas beaucoup qui étaient autour de la table. Et je suis venu aussi pour ça, je veux les préserver et faire en sorte qu’ils n’aient pas envie de partir, parce que sinon, ça marquerait un coup d’arrêt au projet. Avoir envie c’est une chose, après il faut avoir les reins solides pour pouvoir assumer quand il y a un problème, et c’est ce qu’ils sont en train de faire. Mais on s’aperçoit que dans d’autres clubs c’est pareil. A Bordeaux, c’est compliqué, à Lyon, c’est compliqué, même dans les grandes villes c’est compliqué. Sauf qu’on est obligés de rendre des comptes positifs, parce que c’est le principe de la SAS et de l’actionnariat, les comptes doivent être positifs. Il faut que tout le monde aille dans le même sens. Les collectivités locales, le club, il faut qu’on aille tous dans le même sens pour faire en sorte que le hockey, qui a 50 ans cette année, qui est au plus haut niveau depuis plus de trente ans, qui fait entre 2500 et 3000 personnes par match, continue. Amiens est une ville de hockey !

Et a les structures pour continuer…

PL : A les structures et tout ce qu’il faut pour jouer au hockey. C’est une ville de hockey ! Et c’est un club qui a eu deux titres de champion de France ! On peut faire le tour de hockey français, il n’y en a pas partout. Nous, on en a eu deux, et c’est dans le hockey qu’on pourrait peut-être aller chercher le prochain titre de la ville, et c’est bien que tout le monde soit conscient de ça et que tout le monde aille dans le même sens. On a des installations où des investissements ont été faits et qui sont très bien, deux loges supplémentaires, le panneau vidéo qui est magnifique et qui est, pour nous, excessivement intéressant puisqu’il nous permet de vendre du contenu, l’éclairage qui devait être refait depuis dix ans a enfin été remis à neuf. Maintenant c’est la conjonction de tout qui fait que ça fonctionne bien.

Tout a été mis en œuvre pour permettre à Amiens d’y arriver ?

PL : Oui ! Et puis nous, au niveau du HCAS, on a quand même créé une D3 et une équipe féminine. On se bouge, on n’attend pas que ça vienne ! Notre équipe féminine est performante et va nous faire un podium cette année, une équipe des Hauts-de-France ! Avec deux Amiénoises qui viennent de glaner une belle médaille mondiale. Actuellement, on travaille sur une ligue des Hauts-de-France. Dans d’autres sports, elles partent dans le Nord, et bien dans le hockey, nous allons avoir un président de ligue qui sera Amiénois et un siège qui sera à Amiens. Parce que dans la région, le hockey c’est Amiens ! Mais, en partenariat avec les autres clubs, comme Wasquehal, Dunkerque, Valenciennes, Compiègne et en espérant qu’il y en ait d’autres qui se montent. Les présidents, nous nous entendons très bien, tout se passe bien, on travaille en bonne intelligence, peut-être aussi parce que par exemple, l’actuel président de Wasquehal est un ancien hockeyeur. Et quand il parle avec Vincent, ils parlent la même langue.

Ca permet de garder de bonnes relations…

PL : Exactement ! En revanche, c’est énormément de travail, sur beaucoup de domaines !

VB : Par exemple, on commence déjà à travailler sur l’organisation du match France-République Tchèque qui aura lieu à Amiens le 13 avril. Ca va être une belle date et un bel évènement pour Amiens.

Les rencontres de la France à Amiens se multiplient ces dernières années…

PL : On essaye d’en prendre le maximum. C’est assez lourd à organiser, et on ne peut pas vraiment se rater.

VB : On profite également du siège fédéral qui est à Cergy, et la proximité géographique facilite l’organisation d’un match sur Amiens au niveau logistique. On a de la chance d’avoir ce siège fédéral là-bas.

PL : Ce qui est bien avec la date de ce match, c’est que ça va être la fin de saison à Amiens. On a un livre en préparation sur les 50 ans du club qui sortira à ce moment-là également. Mais le but d’organiser ces matches, c’est aussi de gagner un peu d’argent pour l’association. On passe beaucoup de temps à ça, et si c’est pour perdre de l’argent, ça ne sert à rien. On essaye de faire en sorte d’en gagner, et pour en gagner il faut donner de soi.

Et essayer d’attirer un public nouveau également ?

Tout à fait ! Et si on fait bien les choses, peut-être que derrière on aura quelques partenaires qui viendront en plus la saison prochaine, c’est une cible très intéressante aussi. Et c’est l’image du hockey à Amiens que l’on renvoie dans l’organisation de ces matches de l’équipe de France.

C’est aussi une récompense de tout le travail réalisé par Amiens depuis des années…

PL : Exactement !

VB : Et c’est là qu’est née la Fédération Française de Hockey sur Glace en 2006, pendant les championnats du Monde de D1 organisés à Amiens.

Propos recueillis par Adrien ROCHER

Crédits Photo : Léandre Leber – Gazette Sports

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