Mat, Amiénois et champion du monde (3/4)

Désormais commentateur pour l’ESL France, Mathieu « Mat » est passé dans les locaux de GazetteSports en septembre dernier pour une interview exclusive. De son parcours dans les débuts de l’e-sport à son regard sur l’évolution de la discipline, le champion du monde de Counter Strike originaire d’Amiens n’élude aucun sujet.

Aujourd’hui, Mat nous parle de l’évolution de l’e-sport au cours des deux dernières décennies. Un regard passionnant, puisque Mathieu a connu toutes les facettes en tant que joueur, caster mais aussi par ses projets d’entraîner une équipe. C’est une discussion autour de cet écosystème qui se cherche encore en dehors de la capitale et qui mène à se poser des questions sur les raisons d’un tel succès.

Retrouvez l’interview complète

Tu as connu toutes les périodes de l’e-sport : quelle évolution vois-tu ?

Quand on commence à Arras, dans un gymnase, dans une Lan on ne se dit pas que, quelques années, plus tard on va aller dans un stade. C’était pour l’anecdote le stade de Seattle, de l’équipe de football américain. C’est arrivé comme ça, sans trop y croire, sans trop l’avoir cherché.

Pour le coup, le changement en France est énorme par rapport à ce que j’ai connu, mais toujours, on y revient à chaque fois sur beaucoup de choses : c’est en retard par rapport à d’autres. C’est-à-dire qu’on sait que la télé pour le moment n’a pas envie de s’y intéresser plus que ça, par rapport à son caractère violent, c’est ça qui freine un peu CS bien que ce soit plutôt le meilleur spectacle possible en termes de jeu FPS sur le marché.

Et en termes de développement ?

Après, le développement est quand même considérable par rapport à ceux qui en vivent. Moi je travaille parfois en tant que prestataire pour l’ESL France, qui est maintenant connu et reconnu, et on a un caster qui se prénomme Zuper, et qui est lui CDIsé. C’est l’un des premiers en France pour ça. On y vient, c’est toujours compliqué et ça passera forcément par les médias, la qualité de ce qu’on pourra proposer comme produit. Le talent en France on l’a toujours eu.

Depuis 2003, on a quand même des gens qui ont réussi à créer l’ESWC en France. Ils ont réussi à avoir Bercy, à faire des choses énormes. Le talent de création, on l’a. Pour les LCS exactement, ça on l’aura toujours. Maintenant, le nerf de la guerre ce sera toujours l’argent. Il faut qu’en France il y ait des gens qui fassent des paris sur ça. Ce n’est pas encore démocratisé, ça viendra, mais la télé, on en aura pas forcément besoin.

Les WebTV peuvent subvenir à ça, mais il va falloir qu’il y ait beaucoup plus de monde, beaucoup plus de créations en France et d’investisseurs pour ramener des équipes pros en France et faire un vrai engouement.

La violence à la télé : FIFA PEGI3, mais peu médiatisé ?

Forcément, il y a ce côté WebTV pour ceux qui connaissent ou qui vont découvrir il y a Twitch. C’est une plateforme justement pour diffuser, que ce soit personnellement, si on veut devenir quelqu’un qui diffuse, ou alors les entités qui veulent diffuser leur contenu sur cette même plateforme internet. Ça prend tellement de place, et maintenant c’est tellement installé qu’on a du mal à s’imaginer que tout le monde puisse partir vers la télé.

C’est un faux débat, entre guillemet. Il faudrait juste que les médias s’y intéressent. Pour l’instant le modèle est assez clair, en pleine explosion avec Twitch, mais malgré tout on arrive à s’en sortir et à faire du contenu de très haute qualité. La télé prend un retard sur ça, elle le paiera peut être dans les années à venir.

Trop technique pour la télé ? En termes d’audience ?

Comment intéresser quelqu’un qui va zapper et tomber sur ça ? Comment l’accrocher tout de suite ? Si on s’attend à ce qu’il n’y ait que le public d’amateur, de fans qui puissent regarder ça ne représenterait pas une manne assez importante de spectateurs.

La « team de copains », est-ce toujours une possibilité ?

Je pense que oui, on voit des cas en France, parce qu’on a un vivier de joueurs, un vivier de talent assez important en France. Des joueurs qui ne sont pas professionnels, mais qui arrivent à se faire remarquer lors des différents évènements, tournois en ligne ou en Lan.

Malgré tout, c’est sur la charge d’entrainement, le modèle a changé. A l’époque on s’entrainait le soir, forcément on rentrait du boulot, des cours. Là maintenant on est sur un entrainement quasiment de journée, comme des horaires de bureau puisque le soir il y a les matchs officiels. Il faut s’adapter à ça, ces contraintes là pour pouvoir s’entrainer contre les meilleures équipes.

Il y a une difficulté, malgré tout je pense que c’est toujours possible car en ligne il y a beaucoup de qualifications qui permettent de se faire repérer. C’est possible mais il y a le bon horaire d’entrainement à trouver.

CS le jeu est le plus rentable pour les joueurs ?

Il y a quand même dota 2, même si ils ont moins de tournois et que ce n’est pas un FPS. Certes c’est un « MOBA » comme on peut l’appeler comme LOL, mais du coup c’est un tournoi énorme chaque année et d’autres à côté. Un tournoi énorme qui s’appelle The International et les vainqueurs prenaient quand même 11 millions.

Forcément, les joueurs de CS souhaiteraient un tournoi pareil, mais le cash est à moitié sponsorisé par les fans. C’est une notion de Crowdfunding pour le cash, malgré tout ils ont un panel, un circuit énorme comme tournoi. En tant que joueur de la version 1.6, je suis un peu jaloux.

Propos recueillis par Guillaume Caruel

A lire aussi >>

E-SPORT : Mat, Amienois champion du monde (1/4)

E-SPORT : Mat, Amienois champion du monde (2/4)

Crédit Photo / Vidéo : GazetteSports.fr

 




  • Jeu EatInUSA

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    Please enter your comment!
    Please enter your name here

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.