Chaque mercredi, deux rédacteurs de GazetteSports confrontent leur opinion sur un sujet faisant l’actualité. Cette semaine, Adrien Rocher et Romain Pechon débattent sur le statut de favori de l’équipe de France à six mois de l’ouverture du Mondial russe de football.

Pas impressionnants, mais favoris.

La France fait clairement partie du contingent des favoris

A chaque grande compétition internationale, son lot de débats sur les éventuels favoris de la compétition ou les potentielles surprises. Dans le cas des favoris, six ou sept équipes sont souvent citées comme favorites pour aller au bout de la compétition. Et, pour cette coupe du Monde, la France fait clairement partie de ce contingent. Aux côtés des habituels Allemagne, Brésil, Espagne, voire Argentine, auxquels on peut rajouter le Portugal, la France fait partie des meilleures équipes, sur le papier, de cette grande fête du football de l’été 2018.

Qui plus est, le tirage a offert un parcours idéal aux Bleus. Après une phase de poule dont l’équipe de France devrait pouvoir se sortir sans réelle encombre, les joueurs de Didier Deschamps devraient se frotter à des équipes de bien plus gros calibre. Espagne, Allemagne, Argentine ou encore Croatie pourraient rapidement croiser le fer avec la France. Et notre équipe nationale ne s’est jamais montrée aussi forte sous l’ère Deschamps que face aux grosses nations. Sans jamais être dominatrice, elle s’est souvent montrée pragmatique.

Car la force de cette équipe de France est bien là. Souvent critiquée, à juste titre, sur la qualité de son jeu et le manque d’allant offensif avec, pourtant, le réservoir pour le faire, la France de Deschamps sait s’y prendre face aux « gros ». Pouvant s’appuyer sur un socle défensif solide, les Bleus savent frustrer leurs adversaires pour se projeter rapidement vers l’avant et faire preuve d’une froide efficacité. Avec comme exemple parfait, la demi-finale du dernier Euro, en France, contre l’Allemagne, où les Bleus avaient battu le grand favori.

Adrien ROCHER

Talentueux mais trop inexpérimentés 

Si le talent n’attend pas le nombre des années, il ne substitue pas à l’habitude de la victoire.

Si l’on se base sur le potentiel, l’équipe de France sera – à coup sûr – sacrée championne du Monde en juillet prochain. Avec les talentueux Dembélé, Lemar, Coman, Mbappé et consorts, Didier Deschamps dispose d’un contingent offensif à faire pâlir l’ensemble de ses confrères. Le problème est que la grande majorité de ses jeunes joueurs va disputer sa première grande compétition internationale. Si l’on se base sur le onze-type potentiel (Lloris – Sidibé, Varane, Umtiti (Koscielny), Mendy – Mbappé (Dembélé) Kanté, Pogba, Lemar (Démbélé) – Griezmann, Giroud), de nombreux éléments disposent effectivement d’une expérience mirifique au plus haut niveau. Or, il est impossible de gagner un Mondial avec un tel déficit d’expérience. Si le talent n’attend pas le nombre des années, il ne substitue pas à l’habitude de la victoire.

Il faudra donc se reposer sur des valeurs sûres, à l’instar de Lloris et Griezmann, ou bien encore des cadres potentiels, comme Varane, Pogba et Kanté, qui n’ont encore jamais démontré leur valeur en compétition internationale. Absent de l’Euro 2016, Varane était apparu encore un peu tendre en 2014, comme l’attestait son marquage « soft » sur Hummels en quart de finale. Soufflant le chaud et surtout le froid, Pogba cherche encore sa place au sein d’une équipe dont il est un membre incontournable depuis quatre ans. Quant à Kanté, il avait été écarté du onze de départ en plein Euro et n’a finalement regagné sa place que très récemment.

En réalité, l’équipe de France est pleine de promesse mais surtout démunie de certitudes. Là où l’Espagne a réussi sa reconstruction, en bouclant une phase de qualification sans le moindre accroc – s’offrant au passage le scalp de l’équipe de France en amical ; là où l’Allemagne a affiché sa force en remportant la Coupe des Confédérations avec un effectif fortement remanié ; là où le Brésil s’est montré cohérent et solide depuis la reprise en main par Tite à l’été 2016 ; La France n’a pas su dissiper les doutes entourant son identité et son projet de jeu. S’il est vrai que la France a récemment inquiété l’Allemagne en amical, elle s’est également inclinée de manière peu reluisante en Suède, en juin dernier. De manière générale, cette sélection avance sans véritable cap si ce n’est celui de croire en son talent et en son destin.

Si Didier Deschamps a fait l’impasse sur la manière, lui le chantre de la culture du résultat, il ne faudrait pas que son approche inhibe, voire freine, la progression d’une génération prometteuse mais qui ne peut clairement pas revendiquer le statut de favori au regard du constat réalisé précédemment. Néanmoins, la France a tout de l’outsider en mesure de réaliser une succession de coups, afin de s’ouvrir la route vers le plus beau des destins. Il s’en est fallu d’un poteau, ou très certainement de bien plus de choses, pour que la France parvienne à une telle finalité lors de l’Euro 2016. Reste qu’une telle chance se présente souvent qu’une seule fois dans la même vie.

Romain PECHON

Crédits photo : PanoramiC

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