Adil Hattab : « J’en ai voulu à la Boxe »

Rarement, nous n’avions assisté à ce genre de liesse populaire avec un boxeur victorieux qui partage sa victoire avec ses supporters.

Victorieux en quatre reprises du Serbe Jovanovic, Adil Hattab n’en finissait pas de se faire photographier avec ses supporters qui étaient venus très nombreux. Il appréciait ces instants et pour lui, c’était quelque chose de nouveau. Adil Hattab n’avait en effet plus boxé depuis un combat à Rivery en 2005 !

« Ils ne reviennent jamais », tel est le dicton employé en boxe. Il est en effet extrêmement difficile pour un boxeur de revenir à son meilleur niveau après un arrêt. Or, pour Adil Hattab, cet arrêt a duré douze ans !

Beaucoup auraient mis un terme définitif à leur carrière. Adil a fait le contraire, et il est remonté sur un ring, relevant ainsi un sacré défi.

Au fait, quelle mouche l’a piqué ? Pourquoi Adil a-t-il été aussi longtemps inactif et pourquoi, a-t-il voulu repartir vers une nouvelle carrière ? « Je me suis souvent dit que j’aurais pu faire de belles choses en douze ans. Mais j’en ai voulu à la boxe car c’est de sa faute si mon père est décédé brutalement, au bord du ring. J’estimais que si mon père était mort, c’était de la faute de la boxe et aux émotions qu’elle procure. C’est la boxe qui avait tué mon père. Durant des années, il m’était impossible de regarder des combats à la télé. J’étais marqué. Et puis, j’ai pris du poids et je suis alors monté jusqu’à 94 kilos.»

Heureusement, un jour, Adil a rencontré sa future femme qui est arrivée au bon moment et lui a donné plein de conseils. « Elle a vu le mal être dans lequel je me trouvais et puis elle est tombée sur des vidéos de mes anciens combats. Elle a su trouver les bons mots pour me redonner l’envie de boxer à nouveau et de me remotiver. Je la remercie du fond du cœur. Un jour, j’ai évoqué avec Jérôme Fouache mon intention de remonter sur un ring. Il m’a demandé de remettre les gants afin de savoir si j’avais toujours les gestes. Il a vu que j’avais encore des « restes » et il m’a donné le feu vert. J’ai fait ensuite la connaissance d’un préparateur physique, David Marie, qui est passionné de boxe. Au début, le travail consistait à faire du footing puis un travail de coordination et surtout il me fallait perdre du poids. La musculation est venue ensuite. J’ai perdu alors une vingtaine de kilos ».

Adil aura eu finalement deux carrières. La première s’est arrêtée après six combats victorieux et la deuxième vient tout juste de recommencer. « Je peux même dire qu’à un moment, j’ai été retraité », sourit Adil.

Samedi, au Coliseum, Adil a battu aux points son adversaire serbe Jovanovic qui s’est avéré mieux qu’un faire-valoir. La décision ne faisait pas l’ombre d’un doute (40-36). « D’abord, j’ai eu du mal à placer mon uppercut droit car, en juin, j’avais été blessé et que je ne voulais pas que cela se réveille, analyse Adil. J’ai aussi eu une intoxication alimentaire à mon retour de vacances. Sur le ring, Jérôme ne voulait pas que j’appuie trop mes coups et il avait peur que je n’aille pas au bout. Il voulait que je m’économise. J’avais un peu de stress et, dans la nuit précédent le combat, j’ai eu du mal à trouver le sommeil. Dans ces conditions, c’est normal que je termine fatigué

Maintenant, quel avenir pour Adil ? « La balle est à la fois dans le camp de Jérôme mais aussi dans le mien. Tout ce que je puis dire, c’est qu’il faut que je sois prêt. »
En un mot, Adil ne doit surtout plus se laisser aller. Il lui faut reprendre le chemin de la salle d’entrainement, mettre les gants et attendre qu’un organisateur se manifeste. Enfin, Adil Hattab ne doit plus attendre douze ans avant de remonter sur un ring.

Notre photo : Adil Hattab félicité par Alain Gest, président d’Amiens Métropole

Lionel Herbet

Crédit Photo : Lionel Herbet

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Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.