Philippe Desson, incontournable à l’Amiens SC

Philippe Desson entre discrètement dans un bureau de la Licorne, salue chaque personnes présentes et repart en sourdine. Une heure après, vous le croisez et il vient encore vous serrer la main comme si de rien n’était.

Tel est Philippe Desson, responsable du secrétariat du centre de formation de l’ASC. Il n’est plus ce jeune homme « long comme un jour sans pain », définition que nous lui avions attribuée, voici quelques années. A cette époque, il était déjà à l’Amiens SC et entretenait sa condition physique avec l’espoir, qui sait, de devenir joueur professionnel.

Depuis le rêve est passé. Philippe Desson, bientôt la quarantaine, marié et père de famille, ne peut plus pratiquer son sport préféré. Pourtant, il vit pleinement sa passion, dans son club de cœur : l’ASC.

« Je suis arrivé au club en 1999 en emploi d’avenir à l’époque où Ludovic Batelli était le directeur du centre de formation. Je jouais dans le même temps en équipe réserve et m’occupais également à la Boutique, dans le centre-ville. J’étais enfin éducateur au niveau des jeunes 12-13 ans ».

« Au bout de quatre ans, cet emploi aidé s’est transformé en CDI. A la Licorne, je m’occupais alors de l’intendance. Cela devenait de plus en plus difficile et compliqué de concilier le travail et l’entrainement avec l’équipe réserve. Il a fallu, à un certain moment, faire un choix. Je me suis rendu compte que je ne pourrais accéder à l’équipe première.
Oui, j’y ai cru mais je me suis fait une raison. J’en ai conscience, aujourd’hui : je n’avais pas tout fait pour réussir. Je n’étais pas un adepte, par exemple, de la musculation et du respect d’une hygiène de vie
 ».

« Mais cela ne m’a pas empêché de jouer en réserve jusqu’à l’âge de 24 ans avec un rôle de capitaine et de meneur par rapport aux jeunes. J’ai compris alors qu’il ne fallait plus rêver. Je suis parti six mois à Camon puis quatre saisons à l’Amiens AC ».

« Malheureusement, je me suis blessé lors du dernier match et suis revenu à Camon. Triste coïncidence : je me suis encore blessé en coupe de France contre l’AC Amiens,  justement ».

Cette blessure au genou signe la fin de la carrière de joueur de Philippe Desson qui, dès lors, va se consacrer à 100% à son travail au centre de formation.

Philippe Desson va découvrir toute cette partie administrative de l’ASC. Bien drivé par Gilbert Morel, l’intendant des pros, il devient en quelque sorte le secrétaire du club. Ce travail consiste à programmer les matches, prévoir les déplacements, retenir les hôtels etc..

Peu à peu, Philippe Desson prend de l’expérience. Durant ces années, il est confronté à la réalité qui n’est pas très florissante puisque le club a perdu son agrément et connu le départ de certains dirigeants.

« En prenant les rênes de la partie administrative de l’association, j’ai découvert des choses que je ne maitrisais pas au départ. Comme les règlements, les réunions, les demandes de subventions. J’ai même été membre du conseil de la Ligue de Picardie. J’ai rencontré les instances du football régional. Aujourd’hui, nous avons mis en place un organigramme avec Bertrand Leriche dans lequel les secteurs sont bien définis. Je collabore aussi avec Yann Kombouaré mais aussi Badara. Il nous est très précieux en tant que juriste.
Je n’ai plus de contact avec le terrain. Cela ne me manque pas,  mais dans la tête, je suis toujours éducateur »
.

« Cette saison avec l’accession en Ligue 1 et le fait de retrouver l’agrément du centre de formation, nous sommes repartis avec un réel enthousiasme. Cependant, je n’oublie pas les années galères du National qui furent très compliquées à vivre. Il nous a fallu une bonne carapace et surtout ne pas répondre. Au club, nous n’avons pas changé et nous ne nous prenons pas pour ce que nous ne sommes pas ».

Philippe Desson constate enfin que le centre de formation de l’ASC tient vraiment la route avec l’arrivée de nouveaux entraineurs, de préparateurs physiques, kinés, un médecin, etc. Et surtout, l’arrivée massive de jeunes, notamment des féminines.

« On parle aujourd’hui d’Amiens en bien et je vous assure que le matin, quand j’arrive au centre, je suis un homme heureux ».

Lionel HERBET

Crédit photo : Lionel Herbet




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