Nabil Bouazni veut se relancer

Pensionnaire de l’Amienois Boxing Club, Nabil Bouazni est l’une des valeurs montantes du club entraîné par Jérôme Fouache. Expéditif lors de ses premières sorties, le pugiliste samarien a ensuite été bousculé au cours d’une année 2017 assez paradoxale où il aura finalement peu boxé. (Re)découvrez le au travers d’un interview accordée en janvier dernier.

Un long processus

 « Quand Nabil est arrivé à la salle, il était frêle, on ne pouvait jamais penser qu’il dégagerait autant de puissance aujourd’hui », rappelle Jérôme Fouache, son entraîneur. Une lacune qui est progressivement devenue la principale arme du pugiliste samarien. « Au fil des années, j’ai compensé mon manque de puissance. Je n’avais rien dans les bras mais j’ai énormément travaillé afin de progresser et de revenir en force. J’ai pris de la maturité physique et j’ai gagné en confiance », se félicite Nabil Bouazni. « Je l’ai vu pleurer parce qu’il n’arrivait pas à dégager de la force. Il a travaillé et il a gardé l’envie de boxer même dans les moments difficiles, précise son mentor. Ce n’est plus le même boxeur. Au-delà de sa puissance, c’est vraiment son mental qui fait la différence. »

« Je me suis remis en cause, je me suis posé pas mal de questions et j’ai découvert que j’avais une réelle force mentale, confirme le mi-moyen amiénois. J’ai su m’accrocher et même si je doutais, je n’ai jamais abandonné la boxe. Pourtant, je me disais que j’étais nul et que je n’avais rien à faire dans ce sport. Maintenant, je suis prêt à affronter les moments difficiles, à relativiser les défaites là où certains sombrent à la première déconvenue. J’ai connu cela en étant jeune et je compte en faire une force aujourd’hui. La défaite fait partie du sport, il faut savoir l’accepter et on peut apprendre beaucoup d’une défaite. Pour autant, je suis là pour gagner et je n’appréhende jamais un combat pour ne pas l’emporter. »

2016 : le déclic

Et pour cause, avec quatre victoires consécutives avant la limite, Nabil Bouazni commence à se faire un nom dans le monde du noble art.  « L’année 2016 a été très belle. Je ne m’attendais clairement pas à cela. C’était comme un retour pour moi, je n’avais pas combattu pendant trois ans, j’ai visité bon nombre de clubs sur la métropole. J’avais besoin d’autres horizons mais, aujourd’hui, je suis persuadé que la boxe anglaise est ma spécialité. » Un avis partagé par bon nombre d’observateurs, et ce depuis son combat au Cirque Jules-Verne, en octobre dernier. « C’était une émotion intense, il y avait toute ma famille et mon entourage dans un Cirque plein à craquer. Je ne m’attendais pas du tout à cela. C’était vraiment incroyable et cela m’a reboosté. »

Victorieux d’Edouard Vurth dès la première reprise, Nabil Bouazni a, ce soir-là, fait étalage de toute sa puissance. « Je suis dans une catégorie (ndlr : 75 kilos) où cela peut aller très vite. Cela frappe beaucoup, les coups partent très vite, cela peut tomber à tout moment. Il faut toujours se montrer méfiant même si on sent que l’on peut vaincre l’adversaire avant la limite. Je suis un gaucher retourné, cela prête à confusion chez beaucoup de boxeurs. Je mets en garde comme un droitier, mon crochet du gauche peut donc partir très vite. » De nouveau expéditif contre Florian Leleu, le 10 décembre dernier à Abbeville, Nabil Bouazni  suscite de nombreux espoirs au sein de son club. « Il a le potentiel pour être au niveau des meilleurs en France, assure Jérôme Fouache C’est désormais à moi de l’empêcher de stagner, afin qu’il puisse passer l’étape lui ouvrant les portes de l’équipe de France. »

2017 : année de transition et de progression

Avant cela, Nabil Bouazni s’est fixé un premier objectif, devenir champion de France sénior. « Mon ambition est d’aller en Equipe de France et de faire les Jeux olympiques, c’est le rêve d’une carrière et de toute une vie. L’été dernier, j’ai rêvé avec les boxeurs de la Team Solide, je me suis pris au jeu et je me suis dit qu’avec le travail je pourrais y arriver, confie-t-il des étoiles pleins les yeux. Si je peux prendre part à l’aventure des 2020, je ne me priverais pas. Cela passe donc par une très bonne performance aux championnats de France séniors en 2018. » Et pour cause, le licencié de l’ABC ne dispose pas encore du nombre de combats nécessaire (ndlr : 12) pour concourir au titre dès cette année. « L’enjeu est donc de lui organiser quatre combats en 2017, afin qu’il fasse les Elites l’an prochain », assure Jérôme Fouache.

Ce dernier s’est donc attelé à faire combattre son poulain. Une tâche loin d’être aisée : « Les entraîneurs sont refroidis par mes derniers combats, ils ne souhaitent pas envoyer leur boxeur au charbon, note Nabil Bouazni. Je suis donc prêt à affronter des adversaires qui me sont supérieurs sur le plan de la hiérarchie afin d’avancer et de progresser. Je ne recherche pas la facilité. » Le fougueux pensionnaire de l’ABC a ainsi boxé contre Guillaume Becquin et Kevin Lesa-Nguivason, deux affrontements desquels il est ressorti battu mais pas abattu. « Nabil a rencontré deux bons adversaires. Il était important de le confronter à une adversité plus forte, relativise Jérôme Fouache, son entraîneur. Il avait besoin de vivre cette expérience, de comprendre qu’il fallait être rigoureux pour l’emporter. Je pense qu’il a beaucoup appris de ces deux défaites. Je suis convaincu qu’il reste un boxeur d’avenir. »

Au programme du gala organisé par l’Amienois Boxing Club ce samedi soir, Nabil Bouazni tentera de repartir de l’avant en démontrant qu’il a retenu les leçons de ses deux dernières sorties. Une victoire permettrait de bien conclure 2017 et surtout d’aborder avec le plein de confiance l’année à venir. D’autant que 2018 s’annonce comme un tournant dans sa très jeune carrière.

Romain PECHON

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