FOOTBALL : L’Amiens SC entre deux eaux

L’embellie découlant des deux victoires contre Nice (3-0) et Strasbourg (0-1) a rapidement cédé la place à une certaine forme d’inquiétude après les deux défaites – peu encourageantes – contre Marseille (0-2) et Caen (1-0). Pourtant, après sept journées de championnat, l’Amiens SC pointe à une seizième place qui satisferait l’ensemble du club en fin de saison. Entre déni caractérisé et affolement démesuré, il est nécessaire de trouver le juste milieu au moment de tirer un premier bilan. Explications.

Le fond de jeu en question

A Caen, l’Amiens SC s’est montré particulièrement inoffensif. Avec seulement trois tirs, dont aucun cadré, la formation de Christophe Pelissier a été la moins entreprenante de Ligue 1, le week-end dernier. Une difficulté à porter le danger déjà visible contre Strasbourg et Marseille. Avec respectivement huit tirs (dont trois cadrés) et sept tentatives (seulement deux cadrés) lors de ces matches, les Amiénois manquent clairement de densité sur le plan offensif.

Lucide, Emmanuel Bourgaud validait ce constat à l’issue de la cinquième défaite de son équipe, samedi soir. « On peine à trouver des décalages, on perd trop rapidement la balle. C’est inquiétant parce que l’on s’est produit uniquement deux situations dans ce match. C’est frustrant parce que nous réalisons cette prestation contre un concurrent direct présumé, une équipe qui devait jouer le même championnat que nous. »

Si l’Amiens SC avait laissé entrevoir certaines largesses défensives en début de saison (NDLR : sept buts encaissés lors des trois premiers matches), Christophe Pelissier avait su rectifier le tir en misant, notamment, sur la charnière Gouano-Adenon. Cependant, à trop vouloir assurer ses arrières, l’entraîneur amiénois a peut-être fini par brider une animation offensive jusqu’ici trop dépendante des exploits de Gaël Kakuta. Qui plus est orphelin de Tanguy Ndombélé, meilleur passeur du club la saison passée, Pelissier doit également composer avec un effectif fortement remanié.

Une marge de progression existante

Effectivement, avec pas moins de cinq arrivées dans les dernières heures du mercato, le technicien picard a quasiment dû reformer un nouveau groupe, le 1er septembre. Si Bongani Zungu semble progressivement prendre ses marques au milieu de terrain, la tâche est pour le moment plus difficile pour certains. Entré en fin de match contre Marseille, Nathan doit s’adapter à la rigueur du championnat de France. Titularisé contre Caen, Danilo Avelar a montré une certaine rigueur défensive mais semble encore – naturellement – à la recherche de repères sur le plan offensif. Quant à Lacina Traoré et Serge Gakpé, les débuts s’avèrent assez décevants.

Alors qu’Amiens avait su réaliser un départ canon l’an dernier, il va falloir accepter de lui laisser du temps, cette saison. Du temps pour intégrer les nouvelles têtes, du temps pour progresser et ainsi se mettre au niveau de ce championnat. Le combat du maintien n’est pas perdu d’avance, loin de là. Et s’il est vrai que chaque point pris coûte cher dans ce championnat, un promu disposant de deux victoires à ce stade de la saison et en ayant notamment joué le Paris Saint-Germain, Marseille, Nice et Saint-Etienne peut légitimement garder la tête haute.

S’adapter à la Ligue 1

Surtout, il ne faut pas perdre de vue que l’Amiens SC évolue désormais dans un nouveau monde, un monde où il fait office de Petit Poucet et dans lequel il dispose du plus petit budget. Inévitablement, le ratio victoire-défaite va donc s’inverser par rapport aux deux dernières saisons. Amiens va davantage souffrir, plier et même rompre plus souvent qu’escompté par ses supporters. C’est le revers de cette belle médaille qu’est la Ligue 1. Au sein du club, une majeure partie des acteurs en est déjà conscient, c’est désormais à tout l’environnement gravitant autour de celui-ci d’en prendre conscience le plus rapidement possible.

La lutte s’annonce serrée et cette équipe aura bien besoin de toutes ses forces pour en sortir gagnant. Une victoire contre Lille, samedi soir, permettrait donc de stopper cette spirale négative, d’éteindre en quelque sorte l’incendie qui couve après la défaite à Caen et surtout de redonner de l’espoir au public du stade de la Licorne. Pour y parvenir, il faudra – quoi qu’il en soit – afficher un visage bien plus conquérant qu’à Caen. En l’occurrence, Amiens peut difficilement faire pire.

Romain PECHON

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