CYCLISME : Warren Barguil sur le banc des accusés

Nous l’avons déjà signalé dans cette rubrique : le cyclisme est un sport collectif. La preuve vient de nous en être fournie à l’occasion de la Vuelta.

Mis hors course

En effet, c’est avec une certaine stupéfaction que nous avons appris que le meilleur grimpeur du dernier Tour de France, Warren Barguil, avait été mis hors course non pas par les commissaires – ce qui est souvent le cas – mais par son équipe Sunweb, tout simplement. La raison invoquée est la suivante : lors de l’étape qui a précédé sa mise hors course, le coureur français n’a pas respecté les consignes qui avaient été demandées par son directeur sportif. A savoir que Barguil devait aider son leader, le Hollandais, Wilco Kelderman qui venait de crever.

La logique veut en effet que dans ce genre de circonstance, le leader soit aidé et reçoit le concours d’un ou plusieurs équipiers. Or, le coureur breton n’a pas du tout écouté et il a terminé l’étape puis il est rentré à l’hôtel. Il faut aussi souligner qu’avant même le départ du Tour d’Espagne, Barguil avait annoncé qu’il changerait d’équipe en 2018 et courrait pour Fortuneo. Dès lors, fallait-il retenir quand même Barguil pour cette Vuelta ? Pas sûr…

L’exemple Coquard

Lors du Tour de France, l’équipe Direct Energie n’avait pas sélectionné son sprinter Bryan Coquard qui avait été clair mais aussi honnête lui aussi : il changerait d’équipe et irait également chez Vital Concept. Là aussi, il s’agissait d’un choix du directeur sportif et on s’aperçoit, avec le temps, que finalement l’équipe a eu raison de se passer du concours de Bryan Coquard. Cette remarque qui nous fait dire que le cyclisme est un sport d’équipe, n’est pas exceptionnelle en soi. Un ancien coureur picard professionnel nous rappelait récemment, qu’un jour, il allait normalement remporter une belle classique nordiste. Le genre de victoire qui vous change votre vie.

Largement détaché, notre coureur picard s’envolait vers la victoire quand survint le directeur sportif lui donnant l’ordre de se relever. Ce directeur sportif s’appelait Antonin Magne et c’était un grand Monsieur du cyclisme de cette époque. Notre ami, la mort dans l’âme, se releva à contre cœur tandis que le « protégé » d’Antonin Magne, s’imposait normalement sans que le grand public ait vu quoi que ce soit. On le voit, les mœurs n’ont pas tellement évolué mais on le constate de plus en plus : la discipline au sein des équipes est de plus en plus rigoureuse et malheur à celui qui veut faire son bonhomme de chemin, seul.

A moins qu’il ne soit un digne successeur d’Eddy Merckx ou Bernard Hinault. Auquel cas il n’a pas besoin d’équipier pour gagner.

Lionel HERBET

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Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.