19 juin 1985 à Amiens : Nawal El Moutawakel échoue contre le record du monde au 200 m haies

Un an auparavant, durant l’été 1984, Nawal El Moutawakel était venue sentraînerle plus discrètement à Amiens, sur la pelouse du stade Urbain Wallet mais aussi à Flers sur Noye. Elle avait préparé dans la plus grande discrétion, les Jeux Olympiques de Los Angeles. Cela paraît incroyable aaujourd’huimais à l’époque, les moyens d’information étaient moins importants.

Nawal sentraînaitainsi avec son coach amiénois qu’elle avait connu au Maroc durant ses études : Jean François Coquand qui résidait à Flers. L’information ne nous fut communiquée qu’après les Jeux, deux mois après son obtention du titre : Jean François Coquand était venu au Courrier Picard et nous avait alors informé.

L’athlète marocaine était même la première athlète du continent africain qui décrochait la médaille d’or sur le 400 m haies. On imagine, trente ans après, quel retentissement cela avait eu dans le Maghreb.

Nawal El Moutawakel est ensuite revenue à Amiens, un an après son sacre de Los Angeles. L’Amiens Université Club avait décidé d’organiser pour son 25e anniversaire, une soirée des records. Nawal était arrivée quelques jours auparavant à Amiens et avait décidé de s’aligner au départ du 200m haies, avec pour objectif de battre le record du monde, tout simplement. Malheureusement, Nawal échoua de peu. Elle réalisait 26 s 33 et n’avait pu faire mieux que l’Australienne Paméla Kilborn avec 25 s 7 depuis 1971.

Le stade Urbain Wallet avait fait le plein pour cet évènement. Cette réunion avait drainé un public peu féru en athlétisme mais qui voulait absolument connaitre cette jeune Marocaine, héroïne de tout un continent. C’était la première fois mais aussi la dernière qu’une championne olympique venait se produire dans la capitale picarde.

Durant cette année 1985, alors qu’elle poursuivait ses études aux Etats Unis, Nawal El Moutawakel avait connu de nombreux déboires physiques : opération d’un genou, tendinite, etc. Pendant son passage à Amiens, Nawal vivait chez son eentraîneurde toujours Jean François Coquand, le même qu’elle retrouvera bien plus tard en 2012. Nawal revint afin d’être la marraine de l’Amiénoise, une course réservée aux femmes.

Nawal fut même reçue au comité départemental olympique et sportif à qui, un peu plus tard, elle offrait le drapeau du C I O des Jeux de Sotchi en Russie.

Lionel Herbet




  • Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.

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