BOXE : Un retour au Cirque couronné de succès

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BOXE : Un retour au Cirque couronné de succès

Vingt-deux ans après, le cirque Jules-Verne a renoué avec la boxe anglaise, à l’occasion du gala organisé par l’Amiénois Boxing Club, avec l’aide d’Amiens Métropole. Un gala qui comportait six rencontres amateurs, le premier combat professionnel de l’Amiénois Ouissam Hattab et le championnat du monde W.B.F. des super-légers opposant les deux challengers suivants Christopher Sebire, représentant de la France, et l’Argentin Martin Antonio Coggi.

Les féminines à l’honneur

Ce sont les féminines qui ont inauguré le gala au cirque Jules-Verne. L’Amiénoise Léa Dufrenoy affrontait la pensionnaire du club de Saint Vit (Doubs) dans la catégorie des super-légers (-64kgs). Un combat que les deux jeunes femmes entamaient très fort. Elles démontraient alors que les filles peuvent donner et encaisser les coups. Au terme des trois rounds, le speaker annonçait la victoire par décision unanime de la locale Léa Dufrenoy aux points. Notre article complet sur la boxe féminine.

Le deuxième combat opposait Brandon Fourdrinier, pour l’Amiénois Boxing Club, au Doubien Louis Cottaz (Saint Vit). Les deux boxeurs s’affrontaient durement en se rendant coup pour coup. Cottaz était compté à la fin de la deuxième reprise, et ce juste avant le gong, mais pouvait repartir pour la suite des hostilités. Pour peu de temps, puisque le pensionnaire de Saint Vit se déboitait l’épaule, au cours de la troisième reprise. Le médecin, œuvrant pour la soirée, tentait en vain de lui remettre en place le membre touché. La décision était sans appel, Brandon Fourdrinier gagnait le combat par KO technique, en raison de cette blessure pendant la troisième reprise.

Une progressive montée en puissance

Par la suite, les organisateurs proposaient une deuxième rencontre féminine, ce sont Manuella Kot pour Amiens et Anaïs Michelot pour le club de Saint Vit qui s’affrontaient. Ces des jeunes femmes, âgées de plus de 18 ans, évoluaient dans la catégorie des moins de 57kgs. La protégée de Jérôme Fouache montrait tout l’étage de ses talents de boxeuse, acquis lors de ses expériences en full-contact, notamment par le biais d’une technique tout à fait maitrisée ce qui lui offrait une victoire logique aux points par décision unanime des trois juges.

Puis, c’était au tour de deux mi-moyens, seniors, appartenant à leur élite régionale respective, c’était donc un combat en trois reprises de trois minutes chacune, sans le port du casque de protection. Nabil Bouazni, dans le coin rouge, représentait les couleurs de l’Amiénois Boxing Club et Edouard Vurth, toujours pour le club du Doubs qui avait fait le déplacement en nombre. Les deux pugilistes faisaient étalage de toute leur puissance lors de ce combat, c’est ainsi que le visiteur était compté une première fois dès le milieu de la première reprise. Le juge-arbitre laissait Vurth reprendre le combat mais c’est sans compter sur Bouazni qui ne laisse pas souffler son adversaire, ce dernier est alors mis au tapis. C’est ainsi que Nabil Bouazni gagnait par KO technique à la première reprise.

Hattab ouvre la voie à Sebire

Une première respiration permettait à Lucien Dupont, fraîchement élu président du comité de la Somme et officiant en qualité de délégué durant ce gala, de monter sur le ring afin de remettre une récompense à Jacquy Vaillant, arbitre local ayant oeuvré plus de 300 fois à l’occasion de combats professionnels, pour l’ensemble des services rendus à la boxe.

Après une démonstration de danse, le moment était venu pour Ouissam Hattab de prendre part à son premier combat professionnel. Un combat qui le voyait affronter un boxeur d’origine capverdienne, qui disputait pour sa part son troisième combat professionnel. Après une entame de combat sensiblement neutre, Ouissam Hattab ne tardait pas à accélérer afin de porter les premiers coups au visage de son adversaire. En tête à mi-combat, Hattab se relâchait dans un troisième round logiquement perdu, avant de faire preuve de plus de solidité et de précision dans l’ultime reprise. A l’issue des quatre rounds, le pugiliste de l’Amiénois Boxing Club était logiquement déclaré vainqueur, à l’unanimité des trois juges. Un résultat logique eut égard à la supériorité technique du boxeur local, qui espérait rendre hommage à son père décédé en l’emportant à l’occasion de sa première sortie en tant que boxeur professionnel. Notre article complet sur ce combat

Sebire ne laisse pas passer sa chance

Il était alors venu l’heure du moment phare de la soirée : le championnat du monde W.B.F des super-légers. Martin Antonio Coggi était le premier à être appelé par Jean-Pierre Cossegal, après que ce dernier ait rappelé le palmarès de l’Argentin. C’est sous les flammes du Cirque que ce dernier pénétrait dans la salle, sous les applaudissements respectueux du public amiénois. El Principito entrait sur le ring en trottinant, les bras levés montrant une certaine assurance comme lors de la pesée la veille du gala. Puis, le deuxième challenger arrivait au cœur du cirque où l’ensemble des spectateurs l’attendaient debout. Dans son coin, Coggi entonnait l’hymne argentin auprès de son staff. A l’inverse, Christopher Sebire préférait rester dans sa bulle, laissant apparaître une grande concentration, il était déjà dans son combat.

Après un peu moins de deux minutes d’observation, les deux protagonistes entraient bel et bien dans le combat. Sebire avançait la garde haute, tandis que Coggi tentait de le contrer en allongeant sa droite. Sebire se montrait très hermétique et ne permettait pas à son adversaire de le toucher facilement. Dès la deuxième reprise, les pugilistes boxaient tête contre tête, risquant fortement des blessures au visage. Sebire continuait de boxer en avançant sur son adversaire. Cependant, il touchait Coggi par un coup bas lors de la dernière minute de la 2e reprise, nécessitait une intervention de quelques secondes requise par Christophe Hembert, arbitre du combat, afin de permettre à l’Argentin de récupérer.

Pendant le 3e round, l’Amiénois restait à l’offensive, Coggi reculait et encaissait les crochets de Sebire. A la fin de la reprise, le natif de Buenos Aires coinçait tout de même Sebire dans le coin bleu mais M. Hembert leur demande de revenir se placer au centre du ring. Malgré cette tentative, c’est le protégé de Jérôme Fouache qui terminait fort cette reprise, en assenant notamment des coups très nets sous les yeux des juges. La quatrième reprise était marquée par une bonne entame de Christopher Sebire. Ce dernier ne laissait pas Coggi avancer et enchaînait les coups sous les cris et vivats du cirque, à ce moment l’Argentin ne bloquait aucun coup, en raison d’une garde très perméable. Le public clamait le prénom de Christopher pour l’encourager. Coggi enchainait les coups après les impacts du chronométreur annonçant les dix dernières secondes du round mais c’était insuffisant pour remporter cette reprise.

Durant le 5e round, Coggi démontrait qu’il pouvait être puissant, confirmant sa capacité à remporter les combats avant la limite. Le coin Coggi souhaitait que leur protégé place des uppercuts, afin de remonter la tête de Sebire, mais c’est le local qui œuvre de la sorte. Lors de la reprise suivante, El Principito tentait de reprendre l’avantage mais les enchaînements de Christo étaient mieux construits et surtout plus nets et précis. Coggi, quant à lui, avait du mal à cadrer son adversaire, ce qui permettait à l’Amiénois d’être en tête à la mi-combat.

Dans le 7e round, on remarquait encore une bonne entame de la part du natif de Rouen. Coggi réclamait un coup bas, chose que l’arbitre ne lui accordait pas lui demandant de reprendre le combat. Il enchainait alors une série mais cette dernière finit dans les gants du challenger samarien. Sebire touchait certes moins son adversaire mais ses coups étaient très nets et ainsi comptés par le corps arbitral. Au cours de la 8e reprise, Coggi imposait sa puissance, c’est ainsi que Sebire se retrouve dans les cordes après avoir reçu une droite au visage. À ce moment-là, Coggi ne voulait pas le laisser respirer mais c’était sans compter sur une glissade qui l’amenait au tapis, obligeant l’arbitre à intervenir. Le pensionnaire de l’Amiénois Boxing Club sortait de cet enchaînement avec une ouverture à l’arcade droite. Ce dernier se montrait plus en retrait dans cette reprise, se préservant, il frappait avant de se dégager de son adversaire.

Pour la neuvième reprise, Sebire entamait et finissait fort. Dans l’arène du cirque, on pouvait entendre le fils du Christo Sebire scander « Allez papa ! ». Lors du 10e round, Coggi démarrait fort la reprise mais le deuxième challenger répondait tout de suite avant de se faire pousser au sol. Sebire entamait dès lors un travail de sape contre son adversaire. Coggi conservait une garde basse et se résignait à encaisser les coups du protégé de Jérôme Fouache.

Pendant la minute de repos, Coggi restait assis dans son coin les jambes appuyées sur son coach dans le but de les détendre. Sebire continuait pendant l’antépénultième reprise à avancer sur son adversaire tout en gardant une garde bien serrée dans l’optique de garder l’avantage récolté jusqu’ici. Le public continuait de clamer le nom de son boxeur pour le porter vers la victoire. Lors de la dernière reprise de ce championnat du monde, le public se montrait encore un peu plus présent derrière le Samarien. Tête contre tête, les deux challengers se rendaient coup par coup à l’entame de la dernière minute du round.

A la fin du combat, les deux protagonistes se saluaient et échangeaient quelques mots en toute sympathie. Sebire était porté par son coin pour saluer le public. Jean-Pierre Cossegal annonçait alors que le nouveau champion du monde W.B.F. des super-légers était Christopher « Christo » Sebire. Un succès par décision unanime pour Vincent Dupas (France) 115-113, Philippe Woutteau (Belgique) 117-111 et 116-112 pour Jean-Marc Nartz (Allemagne). Beau perdant, Coggi félicitait son adversaire d’un soir et portait sur ses épaules le fils de Christopher Sebire, tout en levant le bras du nouveau champion du monde. Il revenait à Guillaume Duflot l’honneur de remettre la ceinture bleue de la W.B.F à Christopher Sebire.

Un final de qualité

Après ce grand moment de boxe, les boxeurs amateurs étaient de retour afin de clore cette intense soirée de boxe au cirque Jules-Verne. Le neveu du nouveau champion du monde W.B.F des super-légers, Bryan Rigaux, faisait son apparition pour le club de boxe anglaise de Rouen, afin de défier  Loïc Fosset, pensionnaire du nouveau club picard de Ham, et ce pour trois reprises de trois minutes. Les deux hommes, qui ne lâchaient rien pendant le combat, offraient une belle opposition de styles. Loïc Fosset s’imposait finalement aux points sur une décision partagée.

Le dernier affrontement de la soirée opposait deux féminines, Marion Tardieu pour l’Amiénois Boxing Club face à Anaïs Mary pour le Boxing Club Saint-Michellois. L’Amiénoise, étudiante en STAPS, était comptée deux fois dans la deuxième reprise. Encaissant les coups de son adversaire sans parvenir à la toucher en retour, la pugiliste saharienne était comptée une ultime fois dans la troisième reprise, nécessitant la fin du combat. Anaïs Mary s’offrait donc une victoire (TKO 3e), à l’occasion de son 23ème anniversaire.

Pour son retour dans son antre historique à Amiens, la boxe anglaise a particulièrement été à la fête, ce samedi soir. Mise à l’honneur, la boxe féminine a prouvé qu’elle avait une réelle raison d’exister. Pour son premier combat professionnel, Ouissam Hattab a livré un duel plein de maîtrise après cinq ans d’arrêt. Quant à Christopher Sebire, il est devenu championnat du monde W.B.F des super-légers à l’issue d’un combat d’une grande intensité. Le tout dans une soirée marquée par des combats amateurs de bonne facture et dans un cirque Jules-Verne à guichets fermés, où le public s’est délecté du spectacle proposé tout au long de la soirée. Vingt-deux ans après, l’Amiénois Boxing Club, en collaboration avec les services d’Amiens Métropole, a clairement gagné son pari et sans doute ouvert la brèche permettant à la boxe de retrouver une place de choix dans la capitale samarienne. En tout cas, l’engouement est là.

Stéphanie BRUMTER




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