BOXE : Jean-Pierre Cossegal, le speaker qui fait aimer la boxe

Il est arrivé parmi les premiers au Forum, place Gambetta à Amiens. C’est dans ce café très fréquenté du centre d’Amiens que se tenait la pesée du championnat du monde W.B.F des super-légers qui opposera le lendemain l’Amiénois Christopher Sebire à l’Argentin Martin Antonio Coggi.

Jean-Pierre Cossegal est un artiste dans son genre. Micro en main, il est intarissable sur la boxe. Un sport qu’il connaît aussi bien que Daniel Mangeas, pour ce qui concerne le cyclisme. Le célèbre speaker aime la boxe qui lui prend beaucoup de temps, mais il aime surtout les boxeurs. Il aime cette ambiance particulière d’une salle de boxe et parmi ses souvenirs, il se rappelle, non sans émotion, de cette soirée au cours de laquelle Cyril Thomas avait été battu chez lui à Saint-Quentin par un adversaire africain. Il aime ce sport mais par-dessus tout, il aime les boxeurs car ne monte pas sur le ring le premier venu.

Reconnu et apprécié comme il se doit, Jean-Pierre Cossegal est appelé à sillonner toute la France et à remplir cette mission du speaker. Un bon speaker comme il l’est peut « sauver » une réunion d’une certaine monotonie. Quand il est arrivé ce vendredi soir au Forum, il venait de se reposer deux ou trois heures car dit-il, cette passion de speaker ne l’empêche pas d’effectuer son travail dans une entreprise de transports à Paris. Un travail difficile mais pour rien au monde, Jean-Pierre Cossegal ne le lâchera même si les galas de boxe ont priorité.

Quand il se rend dans une ville comme Amiens, il passe deux heures pour s’informer sur les boxeurs, fussent-ils les plus modestes. Pour lui, un boxeur amateur doit avoir la même attention et le même traitement  que celui qui va disputer  le combat vedette. Ainsi, interrogé sur le combat Sebire-Coggi, il répond « qu’il s’agit d’un combat équilibré et qui, sauf accident, ira au bout des douze reprises. Les deux boxeurs arrivent à maturité et ils ont de l’expérience. Coggi est un vrai guerrier tandis que Sebire est fort de ses trois titres nationaux et intercontinentaux. »

Au fait, nous cherchons à deviner à quand remonte cette passion ? « Cela fait 18 ans que je suis dans la boxe et ce fut tout à fait par hasard que j’y suis arrivé. Mais tous les grands speakers qui m’ont précédé y sont venus aussi par hasard. Il est arrivé qu’un soir, manquait un speaker et que dans la salle, il s’est trouvé un gars qui l’a remplacé au pied levé ».

Le speaker a évolué au fil des années. Ainsi, un Georges Berretrot, qui a régné avant et juste après la Seconde Guerre mondiale, n’a rien à voir avec Jean-Pierre Cossegal. A l’époque, le speaker était intéressé financièrement sur les primes qu’il parvenait à décrocher, il lui revenait dès lors 10% du montant en question. Cette époque est hélas révolue. « Il avait 50 ans d’avance », insiste Jean-Pierre Cossegal.

Lionel HERBET




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