TENNIS : S.Houdet : redevenir le numéro un mondial

Le tournoi Open d’Amiens- Hauts de France qui s’est déroulé ce week-end sur les courts de l’Amiens AC, en présence des plus hautes personnalités nationales telles Jean Gachassin, le président de la Fédération française et André de Saint Martin, président de la Ligue de Picardie, réunissait plusieurs joueurs qui venaient de s’illustrer à Rio, lors des Jeux Paralympiques.

Stéphane Houdet était bien présent tout auréolé de son titre olympique remporté à Rio en double avec Nicolas Peifer.

Un deuxième titre, après celui de Pékin en 2008.

Nous avons rencontré Stéphane Houdet avant sa demi-finale à Amiens et avons assisté à son échauffement. Un échauffement qui tenait compte de l’horaire de son match car dans le même temps se déroulait une autre demi finale qui devait du reste se prolonger.

L’entrainement de Stéphane Houdet est axé en deux phases : le jeu proprement dit avec des échanges très intenses mais aussi le réglage du fauteuil. Tout se joue à quelques millimètres et cela nous a fait penser aux mécaniciens d’une épreuve cycliste qui interviennent sur le vélo du coureur.

D’aucuns se posent aussi la question : pourquoi Stéphane Houdet, garçon hyper pro, met des gants pour jouer.

Tout simplement parce que les roues de son fauteuil  avaient des rayons qui pouvaient le blesser au moment des réglages, s’il ne portait pas de gants.

Avec Stéphane, nous sommes évidemment revenus sur Rio, sur son avenir immédiat et à plus ou moins longue échéance.

Pour mémoire, Stéphane aura eu deux vies : la première avant son accident lorsqu’il pratiquait le tennis à un bon niveau national mais aussi le golf et la deuxième, après son accident où il a commencé par le golf, est passé par le tennis et repartira peut-être vers le golf.

« Le fait d‘être champion paralympique ne m’a nullement changé. En tout cas, je l’espère. C’est d’abord un plaisir. Moi cela me donne envie de continuer à jouer au tennis et ce sont des moments privilégiés. Quand on peut les partager, c’est très bien.

« La médaille d’or de Rio est différente par rapport à celle de Pékin. A Pékin, cela faisait trois ans que je jouais en fauteuil même si j’avais joué, auparavant, vingt ans debout.

« Je dirai  que c’était un peu la médaille de la découverte. A Rio c’est plus la médaille de l’expérience. Mais c’est vrai que si à Rio, nous avions joué aussi mal qu’ici à Amiens, jamais nous n’aurions gagné. »

Depuis huit ans, Stéphane Houdet a remarqué une grande évolution dans le tennis en fauteuil.

« Les joueurs  sont meilleurs et plus jeunes. Le matériel a évolué. Comme nous sommes assis sur le fauteuil, c’est la machine qui soutient le poids du corps. On est donc rarement dans le rouge au niveau cardiaque. Je pense qu’on peut jouer plus longtemps. Ce qui peut faire la différence, c’est l’état de fraicheur et de ce côté, un jeune est avantagé. Il pourra donc jouer plus intensément et plus longtemps. Personnellement, je n’ai pas eu l’impression à Rio d’avoir pêché de ce côté. »

Au fait, Stéphane Houdet a-t-il encore l’ambition de continuer et d’aller jusqu’aux prochains Jeux en 2020 ?

Après la médaille de la découverte, après celle de l’expérience, pourquoi pas une troisième médaille d’or, celle du crépuscule ?

Le visage de Stéphane s’illumine.

« En tout cas, j’aimerais bien y aller. J’adore ce que je fais, j’adore le circuit. Et je suis heureux que durant l’année qui vient, ma fille va m’accompagner. Nous partons ces prochains jours aux Etats Unis où je vais rester un mois, disputer deux gros tournois et je vais essayer de récupérer ma première place mondiale. Pour l’instant, je suis deuxième et je n’ai pas dit mon dernier mot. ».

Enfin, Stéphane Houdet revenait pour la première fois en Picardie depuis son départ du club de Rue-Le Crotoy ?

« Cela me fait revenir à Pékin où a débuté mon aventure avec la Picardie. Le tournoi a déménagé de Rue pour venir à Amiens. J’ai la chance d’avoir du monde qui me suit. Par contre ici à Amiens, le fait de nous retrouver sur la terre battue mondiale, ne nous a pas avantagés. Les terrains étaient très abimés et c’était difficile de jouer. J’espère que l’an prochain, si l’état des terrains est meilleur, nous pourrons offrir un spectacle plus intéressant.

« C’est vrai que je n’ai pu offrir une médaille d’or à la Picardie mais c’était quand même l’argent. »

Lionel HERBET




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