Le cyclisme tributaire de l’Euro

Nous sommes à environ une semaine du départ du Tour de France (le 2 juillet depuis le Mont-Saint-Michel) et pourtant les médias n’accordent pas au cyclisme, la place qui, normalement, lui revient à pareille époque.

C’est que l’Euro qui  se déroule  en France est absolument tentaculaire et relègue au fond des rubriques, les autres disciplines. Du reste, organiser une épreuve actuellement ressemble à un véritable défi. Ainsi, dimanche prochain, les championnats de France professionnels sur route ont lieu à Vesoul. Or dimanche l’équipe de France joue un 8e de finale de l’Euro à 15 heures à Lyon.

Sagement, les  responsables de la Fédération française de cyclisme ont décidé d’avancer le départ qui sera donné à 9 heures au lieu de 10h40. Ainsi, l’arrivée de la course et la cérémonie protocolaire ne seront pas concurrencées par le match de l’équipe de France. C’est un exemple parmi tant d’autres.

A huit jours du départ du Tour de France, nous pouvons tirer quelques enseignements. En premier, il faudra compter avec les coureurs colombiens. Vainqueur de la Route du Sud, Nairo Quintana s’inscrit d’ores et déjà, dans la liste des grands favoris pour ramener le maillot jaune à Paris. Justement, cette Route du Sud a vu la belle victoire dans la dernière étape, au sprint du Beauvaisien Arnaud Demare qui a ainsi renoué avec le succès.

Demare revient en forme après son abandon au Tour d’Italie. Dimanche à Vesoul, il peut redevenir champion de France mais quoiqu’il arrive, il ne participera pas au Tour de France.

Toujours parmi les Colombiens, Miguel Angelo Lopez (Astana) a remporté le Tour de Suisse dont la dernière étape a été gagnée par un compatriote Jarlino Pantano (IAM), l’équipe dirigée par Eddy Seigneur. Notons la belle troisième place au général du Français Warren Barguil qui pourrait être la grande révélation du Tour de France.

Les Picards Sébastien Minard et Christophe Riblon espèrent bien y participer avec leur formation AG2R la Mondiale. Pour l’heure, deux places restent à prendre et il faudra attendre dimanche après le championnat de France. Imaginez que Minard ou Riblon soit champion de France. Automatiquement, une place leur serait réservée dans l’équipe AG2R. Même si cela n’a pas toujours été le cas dans le passé puisque nous nous souvenons que Jean-Claude Leclercq alors champion de France en 1985, n’avait pas été retenu pour la Grande Boucle.

Lionel Herbet