Connaissez-vous le Centre de Formation Professionnelle des Gothiques d’Amiens ?

Nous nous sommes dits qu’il serait intéressant de découvrir un peu mieux ce qu’il se cache derrière ce nom ; et pour cela, qui de mieux que Vincent Buriez, responsable du Centre de Formation Professionnelle,  et grand architecte depuis plusieurs années de la réussite de la formation, mis à part la partie sportive de la chose.

Nous avons profité du tournoi final des U 15 de ce week-end pour rencontrer Vincent et le Centre de Formation.

 

Patrick Graux : Vincent BURIEZ, tu es membre du Comité des Gothiques d’Amiens depuis quand ? Quelles sont tes fonctions dans ce Comité ?

Vincent Buriez : Je suis membre du comité du HCAS depuis 4 ans,  j’ai été nommé Vice-Président, chargé du Centre de Formation.

PG : Peux-tu nous donner ton âge, et ton parcours professionnel personnel ?

VB : J’ai 46 ans, je suis responsable « clients clés » Europe,  dans la Société  Kerry ; c’est une société Irlandaise qui a un impact international.

PG : Comment trouves-tu le temps de concilier tout cela ?

VB : J’ai une réelle chance, il me faut peu de temps de sommeil et donc, c’est autant de plus pour le travail. Heureusement, car quand je m’implique dans quelque chose, je le fais à fond, sinon, je ne fais pas.

S’il fallait faire une estimation, je pense pouvoir dire que je passe environ 2 heures par jour pour le HCAS ; cette estimation ne prend pas en considération les matchs Pro, ni ma présence auprès des U15, U18 et U 22A pour lesquels j’essaye d’être présent aux matches aussi.

PG : Peux-tu nous expliquer comment est articulé le Centre de Formation ?

VB : Le centre de formation est divisé en deux ; il y a les U 13 et les U 15, que l’on appelle « Pré-pôle » et les U 18 et U22,  (le Pôle), qui est reconnu par l’Etat.

PG : Combien comporte de joueurs chaque structure ?

VB : Le centre de formation comprend :

  • pour les  U13 : 15 jeunes,
  • pour les U 15 : 23 jeunes,
  • pour les U 18 : 23 jeunes
  • pour les U 22 : 14 jeunes.

PG : Où sont scolarisés ces jeunes ?

VB : Nous avons des partenariats avec le Lycée de la Hotoie et avec la Sainte Famille, ces deux établissements reçoivent la quasi-totalité des jeunes, seul, un jeune est au Lycée de l’Amiral Lejeune.

PG : La priorité doit, je suppose, être avant tout les résultats scolaires,  comment cela fonctionne-t-il ? 

VB : Effectivement, le Club et la Fédération attachent une importance capitale à  la réussite scolaire des jeunes sportifs ; nous sommes conscients que le hockey sur glace en France n’est pas celui du Canada ou des Etats-Unis.

Pour exemple, cette année, nous avons exclu du centre deux jeunes pour résultats scolaires insuffisants ; les résultats sportifs sont évidemment aussi importants, et une exclusion peut aussi être liée à des résultats sportifs insuffisants.

Chaque semaine, j’ai une réunion avec les C.P.E.  de La Hotoie et de la Sainte-Famille pour établir le bilan scolaire des jeunes et si les résultats ne sont pas à la hauteur, les sanctions peuvent tomber.

PG : Il est évident que tous les jeunes formés dans le centre de formation ne peuvent pas intégrer l’équipe professionnelle ; combien en moyenne rejoignent  l’équipe Magnus ? Comment et par qui sont décidés  ces sélections.

VB : Le principe est que chaque année, un jeune, par tranche d’âge, doit intégrer la Magnus ; évidemment, il peut arriver qu’il y en ait deux, mais c’est exceptionnel.

Tous les ans, lors du « camps d’été » les jeunes sont invités et là, au vu de leur performance, s’ils sont repérés par les entraîneurs de l’équipe Pro, ils peuvent être intégrés à la Magnus.

Evidemment, en plus, tous ces jeunes sont suivis au quotidien par Olivier Duclos, très près des jeunes.

PG : Que deviennent les autres jeunes ? Le jeune qui n’est plus à Amiens est-il néanmoins toujours suivi par les entraîneurs amiénois ?

VB : L’année dernière, nous avons établi un partenariat avec l’équipe d’Asnières qui évolue en D 2.

Nos jeunes s’entrainent en semaine à Amiens, et le week-end, soit ils jouent en Magnus, soit ils jouent en D 2 avec Asnières ; mais en plus, tous sont appelés à jouer le dimanche en championnat de France Elite avec les U 22. Evidemment, les jeunes qui ne souhaitent pas s’investir autant ont la solution « Loisirs »,  d’autres font le choix d’arrêter…

PG : tous ces matchs n’engendrent-ils pas une usure prématurée des jeunes ?

VB : non, au contraire, la multiplication des matchs  leur permet d’acquérir de l’endurance. Combien penses-tu qu’ils font de matchs à l’année au Canada, aux Etats-Unis, etc… ?

PG : Un jeune non retenu en professionnel, quel bénéfice tire-t-il de ces années sports-études ?

VB : Déjà, il faut bien comprendre qu’il y a peu d’élus pour intégrer la Magnus, mais qu’en plus il n’y a quasiment pas de français qui arrive à intégrer le très haut niveau (NHL et autres).

La formation de sportif de haut niveau, même si elle n’aboutit pas à une carrière de sportif de haut niveau permet au jeune d’acquérir la culture de la gagne ; ils acquièrent le besoin de se surpasser, une certaine hygiène de vie, l’esprit de groupe, bref, toutes les valeurs du sport de haut niveau.

Il ne faut pas oublier que ce style de profil est très recherché par les entreprises et donc un plus pour nos jeunes.

PG :  A-t-on une idée du nombre de jeunes formés dans le centre de formation  figurant actuellement  dans les équipes nationales françaises ? Le nombre de jeunes évoluant dans le championnat Magnus à Amiens ou ailleurs, et enfin le nombre de jeunes jouant dans des championnats étrangers ?

VB : des dernières informations que j’ai, je peux dire que nous avons actuellement dans les équipes nationales 5 U16, 2 U18, 3 U20 et 4 A’.

Les joueurs formés à Amiens qui jouent en Ligue Magnus sont au nombre de 14 et ceux évoluant dans des championnats étrangers, sont à 5.

PG : Si tu devais en toute impartialité jugé les points faibles et les points forts de ce centre de formation,  que dirais-tu ?

VB : En cette fin de saison,  les pistes de travail prioritaires sont à mon avis : un gros travail pour inculquer l’humilité aux joueurs,  développer l’esprit de sacrifice et la rigueur dans le travail.

Nos jeunes doivent prendre conscience que le talent sans le travail = 0, et qu’arriver au Centre de Formation d’Amiens n’est pas une fin en soi, mais au contraire le début d’une aventure difficile et pleine de contraintes.

Merci Vincent.

Patrick GRAUX




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