Avec Bérengère Outrebon, découvrez « L’Association d’entraide aux conjoints des sportifs de haut niveau »

 Mais pourquoi a-t-il fallu attendre aussi longtemps pour que le sujet soit d’actualité ?

Dans un club, durant l’inter saison, des joueurs arrivent et en remplacent d’autres partis sous d’autres cieux. C’est la vie du football depuis toujours mais aussi, de plus en plus, d’autres sports collectifs de haut niveau.

Dans un premier temps, le joueur surtout s’il est marié, essaie de dénicher l’appartement ou la maison qui vont plaire à sa petite famille. Le temps de s’installer et la saison va débuter. Mais beaucoup d’autres problèmes vont se greffer et si le joueur en question n’est pas un tant soit peu, aidé dans ses démarches, il peut fort bien ne pas s’adapter à son nouveau club.

Quand il y a des échecs sportifs, on regarde toujours le terrain  mais il existe aussi toute une partie cachée de l’iceberg. C’est celle de l’adaptation plus ou moins rapide d’une petite famille à une région surtout en un laps de temps relativement court.

Epouse de Julien, maman de trois enfants (Tiago 6 ans, Lola 5 ans et Mila 2 ans ½) Bérengère Outrebon a parfaitement compris le problème. Fille de Denis Troch, l’emblématique entraineur de l’Amiens SC, passé aujourd’hui dans le monde du  cyclisme où il fait merveille par son art de sublimer le sportif, (c’est ce qu’on appelle la préparation mentale), Bérengère  a très tôt été habituée à faire ses valises et à déménager.

« Avec mon papa puis Julien, nous avons déménagé à treize reprises. Mais géographiquement, c’était la première fois que nous étions aussi isolés et que nous descendions aussi bas en France puisque nous avons quitté Troyes pour Luzenac. […] Ce fut une sorte de choc thermique. Je me suis dit que j’avais plein d’expériences positives à faire profiter aux épouses des joueurs, mes nouvelles collègues en quelque sorte. Des expériences précédemment acquises au Havre,  à Troyes, Cherbourg etc.. »

Pour un joueur, dès qu’il arrive dans son nouveau club, c’est un nouveau recommencement.

« Il faut savoir que nous sommes pris par le temps puisque de plus  en plus,  les contrats sont signés pour un an, ajoute Bérengère Outrebon. Par exemple, Julien est aujourd’hui à l’ASC pour six mois. Le temps que nous trouvons une maison, une école, un médecin et une nounou pour les enfants et la saison est bien avancée. Cela fait beaucoup de temps perdu. 

[…] D’où mon idée de créer via Facebook l’Association d’entraide aux conjoints de sportifs de haut niveau. L’idée a alors été la suivante : ne pas fermer la porte aux épouses d’autres disciplines. Il y a des rencontres à faire avec d’autres sports. L’idée était aussi d’élargir notre réseau et nous avons aujourd’hui, des conjoints venus du  cyclisme, rugby, volley etc. Nous offrons nos  compétences et nous ne demandons surtout  pas d’aide. Tout est gratuit et il n’y a pas d’arnaque. Il n’y a aucune cotisation à régler. La volonté au départ est de rendre service. 

Aujourd’hui, nous sommes 450 représentant une dizaine de nations avec des épouses de sportifs venus de Slovénie, Danemark, Argentine etc. A Amiens, j’ai pris des contacts avec les épouses des Gothiques. »

Il est clair  que le sportif de haut niveau a besoin d’être installé dans une sorte de confort moral afin que sur le terrain, il puisse s’exprimer au mieux.

« Le mental est très important dans le sport de haut niveau » conclut  Bérengère Outrebon. Elle a de qui tenir puisque son père Denis Troch est à l’heure actuelle le numéro un de la spécialité en France.

Lionel HERBET




  • LAISSER UN COMMENTAIRE

    Please enter your comment!
    Please enter your name here

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.